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Centrafrique: Des combattants Séléka tués à Bangui

Depuis lundi, malgré les apparences d’un calme précaire, un véritable «guérilla» urbaine a été déclenchée à la suite des heurts meurtriers du week-end dernier

 

Selon l’AFP qui rapporte les faits, au moins sept combattants du Séléka ont été tués depuis lundi 15 avril par des hommes armés et des civils dans un quartier nord de Bangui secoué par des troubles. Le commandant de l'ex-mouvement rebelle, le général Ousman Mahamat a confirmé devant la presse que « sept éléments du Séléka désarmés (...) ont été tués et cinq autres blessés lundi soir et mardi matin à Boy-Rabé (quartier nord de la capitale) par des hommes armés et des civils qui continuent à opérer dans ce quartier». Pourtant, il est dit que ces combattants avaient été «désarmés par la police militaire de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) pour essayer d'apaiser le climat dans Boy-Rabé» où la population est excédée par les pillages et les violences auxquels se livrent certains membres du Séléka. «C'est grave», a-t-il commenté, précisant que l'une des victimes a «eu le crâne fracassé avec une grosse pierre».

 


© RJDH-RCA
Des jeunes combattants Séléka le 30 mars 2013 à Bangui
La Séléka éprouve du mal à rétablir la sécurité
Le Séléka peine à établir l'ordre dans Bangui depuis sa prise de la ville le 24 mars et la fuite de François Bozizé. Selon le général Mahamat «une réunion de sortie de crise a eu lieu (dimanche) et une commission a été mise en place. Des contacts ont été établis» avec les habitants de Boy-Rabé pour «trouver un terrain d'entente», alors que les autorités locales et des leaders religieux ont «été mis à contribution». Boy-Rabé, quartier populaire au nord de la ville et ancien fief électoral du président déchu François Bozizé, a été presque entièrement pillé par des hommes du Séléka ou des bandits se faisant passer pour des rebelles, obligeant de nombreux habitants apeurés et exaspérés à fuir.

Selon Me Mathias Mourouba, de l’Observatoire des droits de l’Homme de RCA, «le soulèvement de la population, ce n’est pas seulement à Bangui; même à l’intérieur du pays, les populations sont levés pour dire: non, nous ne voulons pas de cet acharnement contre les populations civiles». Le calme n’est toujours pas revenu et «même au centre-ville, on n’est pas totalement en sécurité. Il n’y a aucune force de l’ordre qui circule», a-t-il expliqué, ce qui, a-t-il dit, «pose des problèmes de sécurité des personnes et des biens.» Selon Me Mourouba, «tout le monde vit dans la psychose.» «Il faudrait qu’on puisse arrêter seulement et il faudrait que la communauté internationale nous aide à arrêter ça», a souligné le militant centrafricain des droits de l’Homme.

Hier mardi, le nouveau président Michel Djotodia, chef du Séléka, a annoncé un renfort de 500 hommes à la police et 500 autres à la gendarmerie, ainsi que le casernement des combattants du Séléka. Le porte-parole du gouvernement, Crépin Mboli-Goumba a demandé aux pays d'Afrique centrale d'envoyer 1.000 soldats pour aider au rétablissement de l'ordre dans le pays. Le sujet devrait être débattu au sommet extraordinaire de N'Djamena demain jeudi consacré à la Centrafrique.

 



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