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Bangui: L’Aneca dans le viseur de la Séléka?

L’actuel bureau exécutif de l’Association nationale des étudiants centrafricains (ANECA), vient d’être dissout par un officier de la coalition Séléka

 

L’assemblée générale qui a regroupé tous les étudiants à l’Université de Bangui s’est déroulée sous la haute surveillance des éléments de la Séléka, constitués de la police militaire dont certains avaient bouclé le périmètre sur l’Avenue des martyrs et d’autres par contre s’étaient infiltrés au sein même de l’Université. D’après les explications de l’officier de la Séléka, qui a prononcé l’acte de dissolution «c’est pour amener de l’ordre au sein du campus Universitaire que nous avons pris cette décision. Puisque selon nos constats, ce bureau a été imposé par l’ancien régime aux étudiants et tous les membres ne sont pas actuellement à Bangui. Et les étudiants commencent à s’inquiéter, c’est la raison qui nous a motivé à prendre cette décision». Si certains étudiants approuvent cette décision, d’autres restent sceptiques.

 


© ugo.cn/photo
Descente des Séléka à l'université de Bangui
Pour Eric Sélébiro, étudiant en 4ème année de la Science économique, cette décision est la bienvenue pour les étudiants afin de préserver la paix au sein du campus universitaire. «Je suis tout à fait d’accord par rapport à cette décision, parce que les étudiants sont divisés depuis le départ des membres de l’ANECA. Certains veulent l’organisation d’une nouvelle élection dans un bref délai, d’autres refusent. Alors on risque d’assister à une bataille entre les étudiants», a-t-il ajouté. «A mon avis, c’est une bonne décision de suspendre le bureau actuel de l’ANECA. Parce que ce bureau était dirigé par des gens qui ont une coloration politique, alors que l’objectif de cette association est de défendre les intérêts des étudiants centrafricains», a déclaré Gertrude Matoula, étudiante en 2ème année de droit.

D’autres étudiants pensent que c’est une ingérence dans les affaires de l’université qui ne concerne que les étudiants et non la Séléka. «Je me demande sur quelle base juridique, ce colonel de la Séléka peut suspendre les activités du bureau de l’ANECA qui a été élu par les étudiants. Ce dernier n’a pas le droit de prendre des décisions à la place des étudiants», a critiqué un étudiant en philosophie qui a requis l’anonymat. Pour l’un des membres de ce bureau, «il est hors de question que notre bureau soit suspendu par un homme en tenue qui n’a même pas un minimum de connaissance sur le fonctionnement de notre association. Car d’après les textes de l’ANECA, c’est le ministre de l’éducation nationale qui a habilité à suspendre l’ANECA. Nous allons continuer notre activité jusqu’à une nouvelle élection». L’administration de l’Université de Bangui qui a été approchée n’a pas souhaité faire de commentaires.

Des responsables de l’Aneca se disent menacés par la Séléka
Hier mardi, dans une note de dénonciation signée par le secrétaire générale de l’ANECA, Fiacre Kombo, celui-ci a fait savoir que, le samedi 6 avril, certains éléments de la coalition Séléka «[nous ont poursuivi dans les quartiers en nous harcelant de leur montrer le lieu où se cache le président de l’association. Pire encore, ils s’en prennent aux autres membres du bureau exécutif de l’ANECA en leur proférant des menaces de mort]», a-t-il souligné au RJDH. Fiacre Kombo précise que le bureau exécutif de l’ANECA prend à témoin les autorités compétentes de ce qui adviendra aux étudiants résidents du campus universitaire et des autres étudiants à savoir d’éventuels cas de blessures, de mort, d’enlèvement et autres sévisses. Lundi 8 avril un officier de la coalition Séléka s’est rendu avec une équipe lourdement armée dans l’enceinte de l’Université de Bangui pour dissoudre le bureau exécutif de l’ANECA. Selon cet officier «c’est pour amener de l’ordre au sein du campus Universitaire que nous avons pris cette décision».

 



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