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24 mars 2013: un nouveau coup díÉtat en Centrafrique

Le récit de Jeune Afrique

 

En Centrafrique, líHistoire ne se contente pas díêtre répétitive jusquíà la lie, elle vous revient à la figure tel un boomerang. Dix ans après, cíest dans la suite 930 de líhôtel Hilton de Yaoundé, là où les autorités camerounaises avaient hébergé Ange-Félix Patassé après sa chute, que logeait depuis le 25 mars celui qui fut son tombeur. Joint au téléphone trois jours plus tard par Jeune Afrique, François Bozizé ne décolère pas contre le président tchadien, Idriss Déby Itno, quíil accuse, exactement comme son prédécesseur, díavoir instrumentalisé la rébellion qui lía chassé du pouvoir. Et jure lui aussi quíil ne compte pas en rester là: «La légalité constitutionnelle a été violée, on ne les laissera pas faire.» En attendant un hypothétique entretien avec Paul Biya et de se trouver un autre pays díaccueil, líancien maître de Bangui se veut prudent - réserve oblige - et surtout patient: líexil, il le sait pour líavoir déjà vécu, est une course de fondÖ

 


© slateafrique.com
L'ancien président de Centrafrique F. Bozizé
Le dernier acte de cette tragédie oubanguienne a eu pour décor initial la bourgade de Sibut, au nord de la capitale, le dimanche 17 mars. Cíest là que depuis les accords de Libreville du 11 janvier les rebelles de la Séléka campent líarme au pied, remâchant leur rancoeur díavoir été stoppés dans leur élan et furieux de voir leurs cinq représentants au sein du gouvernement - dont leur chef, Michel Djotodia - jouer le rôle de figurants. Aussi, lorsque le général congolais Essongo, représentant du médiateur dans la crise centrafricaine, vient les voir ce jour-là pour tenter de les apaiser, en compagnie des cinq ministres «sélékistes» et du général Noureddine Adam, numéro deux de la Séléka, les insurgés de Sibut décident de retenir tout ce monde, à líexception díEssongo à qui ils donnent trois jours pour convaincre le président Bozizé díaccéder à leurs revendications. Faute de quoi ils reprendront les armes. Prise díotages ? Mise en scène plutôt. Car Djotodia - rentré trois jours plus tôt et en pleine forme de Libreville, où il avait été hospitalisé díurgence pour une pseudo-«maladie neurologique», à bord díun Falcon de la présidence gabonaise - et ses amis avaient pris soin díemporter avec eux à Sibut leurs effets personnels, preuve que le «coup» níavait rien díimprovisé.

Trahi
De retour à Bangui, Noël Léonard Essongo se rend aussitôt au palais de la Renaissance en compagnie de la représentante de líUnion africaine (UA), la Djiboutienne Hawa Ahmed Youssouf. La suite

 



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