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La chienlit d’une rébellion disparate en République Centrafricaine…

Le nouvel homme fort de Bangui dispose-t-il suffisamment des moyens pour faire face aux défis du temps actuels?

 

Incroyable mais vrai…Depuis l’éviction de l’ancien locataire du Palais de la Renaissance par le nouvel homme fort de Bangui, les choses peinent à s’améliorer. La situation est plus que chaotique. Il va sans doute dire que le pays vit toujours des scènes de pillages, de vandalismes, de viols, d’exactions, de violences, d’avilissements, de destructions etc…On n’a même l’impression que le pays se trouve dans un bourbier qui menace de l’engloutir. Des îlots de résistance se font observer un peu partout sur le territoire centrafricain et un regain de tension se manifeste puissamment dans la capitale notamment dans les quartiers hostiles aux tombeurs du régime défunt.

 


© journaldebangui.com
Rodrigue Joseph Prudence MAYTE
Il serait souhaitable de rappeler ici que depuis le mois de Décembre de l’année dernière, les écoles et les représentations de l’administration centrafricaine demeurent fermées dans toutes les villes conquises par la rébellion. On s’achemine presque vers une année blanche si la situation ne se normalise pas sitôt. En revanche, la Centrafrique n’est tributaire que de l’assiette fiscalo-douanière. Hors les vicissitudes contemporaines à l’issue de la prise de Bangui ont vachement ébranlé l’environnement économique du pays. Il est vrai qu’à l’exception du corps médical, l’administration centrafricaine dans toute sa globalité ne fonctionne pas et cela contribue davantage à la morosité de l’environnement sociétal voire économique du pays.

Les chantiers sont immenses certes mais il faut admettre que la sécurité est l’épine dorsale d’un développement durable. Les investisseurs n’oseront point injecter de l’argent dans un pays en proie à une instabilité criarde. Déjà, les bruits de bottes semblent trépigner aux confins de la République Centrafricaine dans l’optique d’une réaction revancharde. Bien entendu, les actes de pillages, de vandalismes, d’avilissements, de destructions ciblées des biens d’autrui, de violences ne resteront sans conséquence…Puisque la haine semble être le maître mot en République Centrafricaine, dorénavant certains Centrafricains n’hésiteront plus à opposer « la haine à la haine ». Une redondance qui trouve sa légitimité dans l’histoire de la grecque antique…Telle est la loi du talion qui exige qu’une offense soit réparée par une peine du même ordre. De cette locution latine : « Oculo, oculem, demdem tu demte » qui veut dire en Français : « Œil pour œil, dent pour dent », on pourrait comprendre les scenarios de la crise centrafricaine.

Le nouvel homme fort de Bangui dispose-t-il suffisamment des moyens pour faire face aux défis du temps actuels?
RJP MAYTE

 

Cette culture de la haine tant aimer par les uns et les autres est entrain de répandre peu à peu son venin dans l’esprit de la Centrafrique profonde. Il est temps que les Centrafricains prônent le culte de l’excellence en vue de rompre avec l’afro-pessimisme qui nivelle tout vers le bas et promeut une sorte de médiocrité. Ils doivent transformer cette énergie de destruction, de haine, de vengeance, de jalousie, de mauvaise foi, de rancune, de rancœur en une force de reconstruction nationale. La gravité de la crise centrafricaine interpelle tous les fils et filles du pays à opter pour la philosophie d’une communauté de destin qui passe nécessairement par une valeur républicaine et universelle qui n’est rien d’autre que la paix.

Avec les bruits de bottes qui trépignent aux antipodes de Bangui, il y’a lieu de s’inquiéter pour l’avenir du pays. D’ailleurs, cette crise inextinguible ne profite qu’au Tchad de Idriss Deby qui manipule savamment la Centrafrique comme une manette de « Play station ». Les coulisses même de la rébellion attestent la visite régulière des hommes d’affaires Tchadiens et arabes dans les zones diamantifères et aurifères de la République Centrafricaine depuis le début de la crise. D’une source sûre, les diamants et ors sont exploités illicitement par les financiers occultes de cette rébellion. Au regard de tous ces faits précédemment élucidés, les chances d’une paix durable s’amenuisent au fur et à mesure et il est grand temps que la Communauté internationale s’intéresse de près à la situation centrafricaine. Bien évidemment, on n’est pas encore sortis de l’auberge; permettez-moi cette expression familière.


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