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Centrafrique: Le premier conseil des ministres attendra

Une partie de l’opposition dénonce l’attribution des postes et suspend sa participation au GUN alors les 1ères passassions ministérielles ont été prévues

 

[«i Il faut se mettre au plus tôt au travail. La première réunion de cabinet pourrait avoir lieu ce mardi en attendant un premier conseil des ministres]», a déclaré le porte-parole du gouvernement Crépin Mboli Goumba. La plupart des hommes de troupe du Séléka semblent être satisfaits. «C'est un gouvernement Séléka-opposition. C'est ce qu'on voulait, les gens de Bozizé n'avaient rien à y faire», affirme un combattant rebelle. Mais certaines critiques s'élèvent déjà dans les rangs de l'opposition. «C'est du bidon. On a voulu faire plaisir à trop de gens incompétents. Il a trop de gens au gouvernement pour qu'ils puissent travailler», assure un opposant. Lundi, une partie de l'opposition a même menacé de suspendre sa participation au gouvernement. «Le gouvernement ne fait pas assez de place à l'opposition. Il y a trop de ministres de la société civile, celle-ci n'est jamais descendue dans la rue et certains de ses membres sont proches du KNK (parti de Bozizé)», s'est plaint Edouard Koyambounou, premier vice-président du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), un des principaux partis d'opposition. «Nous voulons suspendre la participation des ministres d'opposition au gouvernement», a-t-il affirmé en précisant qu'un mémorandum a été remis au Premier ministre. Les signataires déplorent également l'absence de délimitation claire des contours de la transition. Selon eux, une feuille de route précise aurait dû être établie afin «d'éviter toute interprétation tendancieuse».

 


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Crépin Mboli Goumba, porte-parole du Gouvernement
Joseph Bendounga, opposant et ancien maire de Bangui, joint par RFI, explique les raisons du retrait de l'opposition du nouveau gouvernement. «Le constat de l’opposition démocratique par rapport au gouvernement Tiangaye 2 a été très amer. L’opposition démocratique s’est réunie toute la journée, a décidé de la suspension de la participation de ses membres au gouvernement Tiangaye 2. Cette décision concerne les huit ministres de l’opposition démocratique et l’association Londo qui fait 9. Nous demandons la redéfinition du contour de la transition, de fixer une feuille de route précise pour la gestion de cette période de transition, et troisièmement que les consultations en vue de la mise en place du gouvernement d’union nationale de transition se fassent selon les règles de l’art et non le Premier ministre dans son pupitre qui décide et affecte les postes ministériels comme si l’opposition démocratique centrafricaine est son employé».

Jean Jacques Demafouth, ancien ministre de la Défense et président de l'APRD (Armée populaire pour la restauration de la démocratie), un mouvement politico-militaire non combattant qui ne fait pas partie de la Seleka, n'est pas au gouvernement, mais il ne se dit pas déçu, comme il l'a confié à RFI. «Je n’ai pas demandé à être dans le gouvernement. Comme vous le savez, les accords de Libreville avaient prévu que tous ceux qui rentrent dans le gouvernement ne peuvent pas être candidats aux prochaines élections. Donc je me réserve un peu. Je pense en effet que c’est un gouvernement de transition comme ça a été dénommé. On va les voir à l’œuvre. Je leur souhaite bonne chance, parce que le défi sécuritaire est vraiment très important. S'ils ont besoin de conseils, nous sommes à côté. Je regrette un peu qu’il n'y ait pas de représentants ni de l'APRD ni de la NAP (Nouvelle alliance pour le progrès), mais ce n’est pas grave, il n’y a pas qu’au gouvernement qu’on peut travailler. On jugera sur acte. Attendons un peu, il faut donner du temps au temps. Et les voir à l’œuvre. Mais vraiment, je leur souhaite bonne chance. Le vrai défi c’est la sécurité, il faut alléger les souffrances des Centrafricains, et surtout il faut arrêter les pillages».

Toutefois, Crépin Mboli Goumba, lui-même issu de l'opposition, a balayé cette position, estimant qu'elle était l'œuvre de "gens non mandatés" par leur parti. Le Premier ministre sortant, issu de l'opposition, Nicolas Tiangaye, a été reconduit mercredi dans ses fonctions par le nouvel homme fort de la Centrafrique, l'ex-rebelle Michel Djotodia. Il avait promis que toutes les tendances de la vie politique seraient représentées dans son nouveau gouvernement, comme le prévoyait l'accord signé en janvier à Libreville entre pouvoir, opposition et rébellion. Mais, bien que plusieurs dirigeants de l'ancien régime de François Bozizé, tombé le 24 mars, se soient dits prêts à coopérer, un seul a été retenu: Claude Lenga, qui hérite du poste de ministre délégué à l'Enseignement professionnel et fondamental.

 



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