Archive

FACA: appel de la rébellion pour travailler "ensemble"

Le chef rebelle Michel Djotodia, demandé à toutes les forces de sécurité, régulières ou issues de la rébellion, de travailler pour un retour à la normale à Bangui

 

"On a demandé à tous les officiers d'être mardi à leur poste de travail. Ils (Séléka et armée) vont travailler ensemble. Il va falloir travailler à la constitution d'une armée qui soit une armée professionnelle capable de sécuriser le pays, les frontières, les biens et les personnes", a affirmé le porte-parole du Séléka, Christophe Gazam Betty, à la sortie d'une réunion de M. Djotodia avec les officiers supérieurs de la coalition rebelle Séléka, de l'armée régulière, de la gendarmerie et de la police. "Les officiers des anciennes Forces armées de Centrafrique (Faca) ont voulu rencontrer le président Djotodia pour l'informer qu'ils le reconnaissaient comme étant le nouveau président", a rapporté Maurice Ntossui, un commandant de la Fomac, la force africaine de maintien de la paix présente en Centrafrique, qui assistait à la rencontre. "Tous les anciens chefs de la police, de la gendarmerie, le chef d'état-major des forces armées et d'autres officiers de haut rang sont venus à cette réunion. C'était une forme de capitulation", a-t-il ajouté.

 


© Reuters
L'armée régulière centrafricaine qui semblait inapte à contenir à elle-seule les rebelles du Séléka devra travailler avec elle!
A líissue de ce conclave avec les nouvelles autorités de Centrafrique, un nouveau gouvernement "de transition" pourrait être annoncé dans les prochaines heures selon une source proche du Premier ministre. Mais cela ne résoudra pas les traumatismes des habitants de la capitale. Les administrations ne fonctionnent pas et si quelques petits commerces ont repris, les entreprises n'ont pas rouvert et certains quartiers continuent à vivre dans l'insécurité privant les habitants de toute possibilité de déplacement. A Bangui, "l'insécurité régnante entrave les efforts humanitaires et l'acheminement de l'assistance et notamment de l'aide médicale", a affirmé jeudi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA).

Les entrepôts du CICR pillés
La Croix rouge a qualifié de "catastrophique" la situation des hôpitaux de Bangui, où "près de 200 blessés ont été admis (...) à la suite des affrontements", tandis qu'une quarantaine de personnes sont "toujours en attente d'une opération urgente. Comme l'ensemble de la ville, les hôpitaux manquent aujourd'hui d'eau courante, d'électricité en continu et bientôt de carburant" Les entrepôts du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont été en grande partie pillés, selon une porte-parole de l'organisation humanitaire. Suite à ces pillages, de nombreux ressortissants français ont quitté le pays jeudi par un vol commercial d'Air France. Toutefois, le quai d'Orsay n'a pas donné d'ordre d'évacuation, de source diplomatique à Bangui.

De même source, depuis dimanche, plusieurs dizaines de ressortissants victimes de pillages qui souhaitaient être hébergés ont été regroupés sur trois sites sécurisés de la capitale. "Nous sommes en train de procéder au casernement des gens du Séléka", a annoncé M. Tiangaye. "Beaucoup de gens, des faux Séléka, circulent dans la ville terrorisant la population et puis les bandits s'y sont mêlés et donc ça ne fait qu'aggraver la situation", a-t-il assuré. Arguant du non-respect de l'accord signé à Libreville en janvier entre le pouvoir, la rébellion et l'opposition démocratique, le Séléka avait lancé en fin de semaine dernière une nouvelle offensive éclair sur Bangui, poussant François Bozizé à fuir vers le Cameroun voisin. Hier jeudi, le président déchu a demandé l'asile au Bénin, mais le président Yayi Boni n'était "pas à Cotonou actuellement", a précisé le ministre béninois des Affaires étrangères, Arifari Bako. Un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) consacré à la Centrafrique se tiendra le 3 avril à N'Djaména, au Tchad.

 



Commentaire


Retour en haut