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Centrafrique: deux Indiens tués par des balles à Bangui

Le ministre français de la Défense a demandé le déclenchement d'une enquête visant à en déterminer les circonstances exactes du drame

 

"Situation confuse"
Les forces françaises chargées de la protection de l'aéroport de Bangui, la capitale de Centrafrique, ont fait feu lundi 25 mars sur des véhicules qui tentaient d'y pénétrer. Deux ressortissants indiens sont morts, cinq civils indiens et quatre policiers tchadiens, membres de la Force multinationale d'Afrique centrale, ont été blessés. Les ressortissants indiens travaillaient pour des entreprises étrangères implantées dans le pays. Selon un communiqué du ministère français de la Défense, les forces françaises sont intervenues "dans une situation particulièrement confuse": après avoir été pris à partie par des tirs non identifiées, les soldats ont vu un véhicule se diriger vers eux. Après des premiers tirs de semonce, ce premier véhicule a fait demi-tour mais quelques instants après, trois autres voitures se sont dirigés vers les soldats français à vive allure, sans prêter attention aux tirs. Ces véhicules transportaient notamment des ressortissants tchadiens et indiens. Les blessés ont été transportés à l'hôpital militaire français de N'Djamena, au Tchad, où ils sont soignés.

 


© afp
Les militaires français stationnés à l'aéroport de Bangui (mars 2013)
La France adresse ses condoléances
Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, doit s'entretenir dans la journée avec son homologue indien. «Regrettant profondément ce drame, le ministre de la Défense a demandé le déclenchement d'une enquête visant à en déterminer les circonstances exactes. Toute la lumière sera faite en liaison et en transparence avec les autorités indiennes et tchadiennes», écrit le ministère de la Défense dans un communiqué. François Hollande a adressé un message de solidarité au Premier ministre indien. «Dans ces circonstances tragiques, la France, partenaire et amie de l'Inde, partage la douleur des familles et leur adresse, ainsi qu'aux autorités indiennes, ses sincères condoléances». Le Premier ministre indien Manmohan Singh a fait part ce mardi 26 mars de sa «profonde tristesse pour la mort de ces innocents». Il a précisé avoir reçu une lettre du président français François Hollande lui faisant part de ses regrets.

Quelque 300 soldats français ont été envoyés en renfort à Bangui, la capitale centrafricaine, depuis Libreville (Gabon) au cours du week-end. Des renforts destinés à assurer la protection des 1200 ressortissants français présents en Centrafrique et à sécuriser l'aéroport de Bangui après la prise de pouvoir par les rebelles. Ces deux compagnies sont arrivées par plusieurs rotations de Transall et de Hercules C130, portant les effectifs militaires français en République centrafricaine à environ 550 hommes. La France a condamné ce lundi «le recours à la force ayant abouti à la prise de pouvoir» en Centrafrique et a demandé l'arrêt des pillages et le rétablissement rapide de l'ordre à Bangui, tombée dimanche aux mains des rebelles du Séléka. Le président centrafricain déchu François Bozizé, qui avait fui son pays après la prise de Bangui, a trouvé refuge au Cameroun.

 



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