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Ultimatum: renforcement du matériel militaire sur la ligne rouge

La rébellion ne montre pas de signe de flexibilité et l'armée centrafricaine est en alerte maximum

 

Les rebelles centrafricains du Séléka ont rompu mercredi le cessez-le-feu en laissant une chance aux efforts de médiation tentés par des pays africains. Le Séléka a prévenu ces derniers jours que la trêve était menacée par le non-respect de certaines conditions de l'accord par le gouvernement. Le président Bozizé pour appaiser les tensions a signé mercredi soir deux décrets à propos de la libération des prisonniers et de la levée de la mesure de couvre-feu. Avant cette prise de décision «salutaire» le président tchadien, Idriss Déby, et son homologue congolais, Denis Sassou-Nguesso, étaient annoncés dans les prochains jours dans la capitale centrafricaine pour des négociations.

 


© rfi.fr
La bataille de Damara aura-t-elle lieu?
Dans le camp Séléka, le chef de l'Etat n'a pas tenu sa promesse de renvoyer le reste du contingent militaire sud-africain présent en RCA et d'intégrer dans les rangs de l'armée nationale quelque 2.000 insurgés. L'accord de Libreville prévoyait d'accorder des emplois aux anciens combattants rebelles et de leur donner de l'argent liquide s'ils déposent les armes. La rébellion souligne que ses exigences sont tombées dans une oreille de sourd, et affirme considérer l'option de la reprise des combats. Un correspondant de la BBC à Bangui indique que la détérioration de la situation a engendré une inquiétude au sein de la population.

Le gouvernement aussi, dans la perspective d'une offensive rebelle, a renforcé son dispositif sur la ligne. Selon la BBC, l'armée centrafricaine est en alerte maximum.On assiste, ainsi au renforcement du matériel militaire sur la ligne rouge à 74 km de Bangui et les militaires sont maintenus «quartier consignés» Entretemps, le premier ministre centrafricain est sorti de son silence pour dénoncer des exactions et demander que l'on privilégie les négociations. Mais La Séléka ne montre pas de signe de flexibilité sans toutefois annoncer une ouverture immédiate des hostilités.

Les intérêts de la France en Centrafrique
La France de son côté s'est déclarée "préoccupée" par la situation dans son ancienne colonie d'Afrique centrale et a convoqué le Conseil de sécurité des Nations unies pour des consultations. Paris soutient le processus politique issu de l'accord de Libreville, signé sous les auspices de la Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), et demande aux parties de s'abstenir de tout recours à l'option militaire, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Philippe Lalliot. Le contingent militaire français en Centrafrique est passé en décembre à 600 hommes pour protéger les expatriés français présents notamment dans le secteur minier. Le groupe nucléaire français Areva exploite ainsi le gisement d'uranium de Bakouma.

 



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