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Centrafrique: des décrets libèrent les prisonniers et lèvent le couvre-feu

La rébellion a estimé que les décrets ne suffisaient pas, tout en évoquant «un délai»

 

Le président centrafricain François Bozizé a pris hier mercredi deux décrets permettant de libérer les "prisonniers politiques" et de lever le couvre-feu, deux des revendications de la rébellion du Seleka qui menaçait de reprendre les armes. Selon les termes du texte lu à la radio nationale, «les personnes arrêtées, détenues, condamnées à partir du 15 mars 2012, jusqu'à la date de prise de ce décret sont libérées (...) Cette mesure s'applique aux prisonniers politiques et de guerre mentionnés dans les accords (de paix) de Libreville». Le décret sur les prisonniers précise que sont «exclues de la mesure les personnes en garde à vue, en détention préventive, condamnées pour assassinat, viol, détournement de deniers publics» mais aussi pour «atteinte à la sûreté de l'Etat» ou «port et usage illégaux d'armes de guerre». L'autre décret par le président «abroge (...) les dispositions prises le 12 janvier 2013 instaurant un couvre-feu», selon le texte lu à la radio. Cette normalisation de la situation à Bangui devrait conduire à la levée des barrages mis en place par des partisans du président Bozizé regroupés en «associations citoyennes».

 


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Mais la rébellion Séléka ne semble pas satisfaite
Comme on pouvait síy attendre, ces deux décisions visant à calmer la tension de ces derniers jours entre autorités centrafricaines et Séléka ne semblent pas satisfaisantes. La rébellion a estimé que les décrets ne suffisaient pas, tout en évoquant «un délai». «Ce n'est pas encore ça. Ca ne suffit pas», a ainsi réagit un des chefs militaires rebelles, le colonel Djouma Narkoyo. «On peut lui accorder une chance s'il accepte d'exécuter les revendications. Ces revendications existent depuis le 11 janvier mais on peut encore lui donner un délai, mais il faut qu'il mentionne sa volonté de ramener la paix dans le pays», a-t-il ajouté. Le Séléka exige, entre autres, le départ des troupes ougandaises et sud-africaines du pays et l'intégration des combattants rebelles au sein de l'armée. Face au non respect de ses exigences, la coalition a annoncé la fin de l'ultimatum et la reprise des armes. La rébellion retient toujours cinq ministres du gouvernement d'union nationale issus de ses propres rangs depuis dimanche 17 mars. Elle avait donné 72 heures au pouvoir pour répondre à ses revendications.

La psychose à Bangui?
On ne sait pas si la signature de ces deux décrets permettrait díéloigner le spectre de la reprise des attaques du groupe armé qui menaçait aussi de marcher sur la capitale. Les populations de Bangui, elles vivent dans la peur et líangoisse, certains habitants ont commencé à déménager selon des témoignages recueillis sur place par le correspondant de la BBC. Ces inquiétudes sont renforcées par les interrogations autour des autres demandes de la Séléka concernant notamment líintégration de 1000 à 2000 de ses combattants au sein de líarmée et le départ des troupes étrangères non régionales. Sur cette question le porte-parole de la présidence centrafricaine Gaston Makuzangba a affirmé sur la BBC que líaccord politique de Libreville prévoit que «les états de la CEEAC ouvriront le dialogue avec le gouvernement centrafricain pour le retrait progressif des troupes non communautaires» .Il síagit des soldats sud africains déployés dans le pays. Par ailleurs, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les dernières attaques de la Séléka. La rébellion centrafricaine avait opéré le 11 mars dernier une offensive dans les villes de Gambo et de Bangassou au Sud du pays, après celle contre la localité de Sido au Nord fin février.

 



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