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Centrafrique: des ministres rebelles en otage à Sibut

En signe de protestation de non application des accords de Libreville, les hommes de terrain de la Séléka retiennent cinq de leurs ministres du GUN

 

Les ministres de la Séléka étaient en mission de sensibilisation avec les représentants de la communauté internationale. Líobjectif: de discuter avec les rebelles du processus de paix et des conditions de leur désarmement et démobilisation. La mission visait également à présenter aux rebelles, le Général Noel Léon Essongo, représentant du médiateur de la crise, le président congolais Dénis Sassou Nguesso. Sur place, les rebelles ont fait part de leur mécontentement concernant le non respect des accords signés le 11 janvier à Libreville, par le camp du président Bozizé. Ils insistent pour que les prisonniers politiques soient libérés, que leurs grades soient validés par un décret signé du président Bozizé et líintégration immédiate de quelques 2000 de leurs combattants dans líarmée nationale. LíEtat major de la coalition Séléka veut aussi que les troupes sud-africaines présentes dans le pays soient rapatriées comme a été prévu dans les accords de Libreville.

 


© RJDH-RCA
Cinq ministres de la Séléka "retenus" par les combattants
Très en colère, les hommes de terrain en colère, ont décidé de retenir leurs ministres tout en renvoyant à Bangui le reste de la délégation. Ainsi, Michel Djotodia, Moussa Mohamed Dhaffane, Christophe Gazam Betty, Herbert Gontran Djono Ahaba, Amalas Amias Aroune, ainsi que Nourredine Adam partis rencontrer hier dimanche, les combattants de la coalition Séléka restés sur le terrain proche de Damara ne sont pas revenus. Seuls le général congolais, Noel Leonard Essongo et le ministre de líAdministration du Territoire Léon Diberet, qui avaient accompagné sur le terrain les cinq ministres Séléka, ont pu regagner Bangui avec líultimatum des rebelles adressé au président Bozizé. Selon le RJDH, les ministres qui ne se sont pas opposés aux décisions de leurs éléments ont fait savoir par la voix de Michel Djotodja, vice Premier ministre et ministre de la défense, également président de la coalition Séléka, que «cíest líEtat major qui lía décidé ainsi. Nous ne sommes que ses représentants à Bangui. Síil veut quíon reste là, nous allons le faire et cíest au Président Bozizé díaccéder aux revendications des éléments, pour éviter díautres désagréments». Michel Djotodja pense également que «nous ne sommes pas là à faire souffrir le peuple centrafricain et nous níallons pas nous mettre à faire de procès. Cíest-à-dire, dire que Séléka a fait ceci, Séléka a fait cela, le gouvernement a fait ceci. Nous níallons pas diaboliser la situation, mais je demande tout simplement quíon se comprenne et que de part et díautre, on respecte les termes des accords signés à Libreville».

Pour le Général Léon Essongo, représentant du congolais Dénis Sassou Nguesso, médiateur de la crise, «les amis sont restés là-bas pour faire un point à leur niveau également, comme nous sommes entrain de le faire maintenant. De mon point de vu rien níest perdu et cíest ça les négociations. Chacun perd un peu de ses plumes et jíespère que les nôtres, nous allons les retrouver très rapidement». Du côté de Bangui, les autorités déclarent que les membres de la Séléka qui sont maintenus à Sibut níentendent pas quitter le gouvernement díUnion nationale.

 



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