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Bangassou: La CPJP fondamentale au banc des accusés

Le colonel Michel Narkoyo, porte-parole militaire de l'alliance rebelle affirme que cette faction du mouvement est responsable de líattaque de la ville de Bangassou au sud-est de la RCA

 

L'attaque contre la ville de Bangassou, à la frontière avec la République démocratique du Congo, a été perpétrée lundi matin, soit deux semaines après celle menée contre Sido (nord, à la frontière avec le Tchad), au moment où le nouveau gouvernement d'union nationale présidé par l'opposant Nicolas Tiangaye tente, tant bien que mal d'appliquer les accords de paix signés le 11 janvier à Libreville au Gabon. Ce dernier a tenu un conseil de cabinet díurgence dont líun des sujets était cette situation díattaques imputées aux hommes de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), mouvement rebelle membre de la coalition Séléka. En effet, « ce sont les éléments du CPJP fondamental de Noureddine Adam qui sont allés commettre cette infraction. C'est l'un des mouvements qui forment Séléka]», a déclaré le colonel Michel Narkoyo, porte-parole militaire de l'alliance rebelle issu d'une autre faction, l'Union des forces démocratiques pour le changement (UFDR).

 


© journaldebangui.com
Depuis le 11 janvier, il était à Ndjamena au Tchad
Fermement condamnée par la direction de Séléka incarnée par Michel Am Nondokro Djotodia, ex-fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères et ex-consul à Nyala au Soudan, nommé Premier ministre en charge de la Défense nationale au sein du cabinet formé le 3 février, cette attaque suscite également des interrogations au sein de l'alliance rebelle, selon le colonel Narkoyo. «[i Jusqu'à présent, nous nous posons la question de savoir pourquoi ils ont attaqué la ville de Bangassou», a fait savoir le responsable rebelle, indiquant cependant que les éléments du CPJP fondamental (moins de 200 hommes) ruminent leur colère d'avoir été écartés du gouvernement issu des accords de Libreville. D'autres revendications du mouvement rebelle, les mêmes que celles régulièrement formulées par Michel Narkoyo lui-même et d'autres leaders de Séléka comme le coordonnateur international à Paris Eric Massi, portent sur la libération des détenus des détenus liés à la crise et le départ des troupes étrangères alliées du pouvoir, en l'occurrence les soldats sud-africains et ougandais.

A en croire le Colonel porte-parole militaire, le général dissident Noureddine Adam n'a pris pas part aux pourparlers de Libreville, « on est tous allés à Libreville, lui est resté à N'Djamena. C'est hier (lundi 11 mars) qu'on l'a emmené à Bangui», note le responsable rebelle. «Nous sommes contre ces attaques. S'il y a des revendications, on doit s'asseoir autour d'une table et discuter», a-t-il ajouté, en confirmant l'absence du pays de Djotodia au conseil de cabinet díhier mardi.

 


© tangotimbi.wordpress.com
Abdoulaye Issène de la CPJP
Abdoulaye Issène se dit prêt à combattre les dissidents de la Séléka
Le leader du mouvement de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Abdoulaye Issène, qui a signé les accords de paix globale de Libreville avec le gouvernement, le 25 août 2012 et qui síest engagée pour le processus du Désarmement démobilisation et réinsertion a quant à lui qualifié ces éléments dissidents de la Séléka, «des bandits de grand chemin, des semeurs de trouble et díauteurs de líinsécurité. La convention patriotique pour la justice et la paix est prête pour combattre pour la paix. Elle a signé un accord de paix pour que la sécurité síinstalle dans le pays», a-t-il martelé. Selon lui, son mouvement milite pour la paix. Il ne fait plus partie de la rébellion et dans la coalition Séléka «il níexiste pas de CPJP. LíEtat a le devoir de résoudre ce problème le plus tôt possible, pour éviter le pire», a souligné Abdoulaye Issène dans un entretien avec le RJDH. Le leader de la CPJP a fait cette déclaration après líincursion de la ville de Bangassou par les éléments de la Séléka. Une occupation condamnée par les autorités centrafricaines et les leaders de la coalition Séléka qui sont également membre du gouvernement díUnion nationale.

Outre son leader, Séléka compte quatre autres ministres au sein du gouvernement d'union nationale, un attelage constitué par ailleurs du camp présidentiel, de l'opposition démocratique à laquelle appartient le Premier ministre Nicolas Tiangaye, la mouvance politico-militaire et la société civile. En dehors de l'UFDR et du CPJP fondamental, Séléka est une coalition hétérogène de plusieurs mouvements rebelles et groupes armés qui comporte en outre le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) de Martin Koumtamadji connu sous le nom de guerre d'Abdoulaye Miskine, puis la Convention patriotique du salut kodro (CPSK).


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