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Centrafrique Le DP Benoît Kongbo, a cassé sa plume!

Le journal satirique «on dit quoi» est désormais orphelin de son géniteur, décédé des suites de maladie à Bangui le 11 mars dernier

 

On parle de lui comme d'un amoureux des arts et des lettres qui sest intéressé très tôt aux arts plastiques avant de se tourner à lécriture. Il est l'auteur de nombreux poèmes, nouvelles, romans et pièces de théâtre encore inédits pour la plupart. Il résidait à Bangui où il a fondé et dirigé l'Acrétat qui est un atelier de création Tamtam Théâtre; et le Centre Baobab, une maison des jeunes dont il était le directeur. Sa dernière création avait été de mettre sur pieds un journal satirique au titre évocateur de «on dit quoi», et aujourdhui orphelin de son directeur Benoît Kongbo décédé à Bangui des suites de maladie. Le programme des obsèques n'est pas encore établi.

 


© journaldebangui.com
L'homme de culture
A propos
Né en septembre 1979 dans la capitale centrafricaine Bangui, cest un jeune trentenaire qui quitte la scène quil a fréquenté quelques années en tant artiste dessinateur, peintre, céramiste. Benoît Kongbo a participé à plusieurs expositions à Bangui avant dêtre dentrer dans larène internationale où le jeune rêveur devient écrivain. Des extraits de son poème Automate ont été publiés dans la revue l'Indicible Frontière en juin 2003, son premier livre, un recueil de nouvelles intitulé Balénguindi et son roman Sous les tropiques pays bafoué ont paru aux éditions l'Harmattan respectivement en septembre 2003 et octobre 2005. En mai 2006, il prend part à un projet de livre collectif bilingue français-sango initié par l'écrivain Vassilis Alexakis. Il a écrit la nouvelle intitulée Dans un taxi à Bangui, in Paroles du coeur de l'Afrique édité par les éditions du jasmin, 2007, en France. Sa première pièce de théâtre L'ombre et la vanité a été mise en espace et joué pendant le festival Déplaçons-nous organisé par le Collectif 12 qui s'est déroulé du 23-25 novembre 2007 à la Friche-André-Malraux à Mantes-la-jolie. Lun de ses derniers romans est paru en septembre 2008 aux éditions Oskar en France. Avec le titre Ali Boum Yé reparu en livre de poche, chez Oskar, en France en décembre 2012, il avait obtenu en 2010 le prix des lecteurs de Saint Quentin en Yvelines en France. Lun de ses admirateur constate quavec la mort de Benoît, la RCA perd un véritable écrivain, exigeant, talentueux. Benoît Kongbo fut une sorte de Rimbaud, un voyou de l'écriture dont l'ironie et la danse des mots, en faisaient un parent du grand congolais Sony Labou Tansi.

Des extraits de ses uvres
projets d'écriture : «Lors de cette résidence, je travaillerai sur deux romans qui me sont très intimement liés. Ko Koché et Pays Bafoué, en fait finis, mais dont le style et la construction restent à retravailler. Cette résidence d'écriture devrait me permettre de les finir. Ceci fait, je pourrais enfin dire que je ne suis plus étranger à moi-même. Sinon, je serai toujours en train de me chercher, ce moi tantôt dispersé dans mes écrits, ce moi tantôt esclave»

 


© journaldebangui.com
Ko Koché: ce livre raconte la vie d'un jeune homme de 21 ans, artiste céramiste, dans un quartier de Bangui. Encore élève, il fait des fresques murales, il imprime des tee-shirts, des banderoles... pour survivre. Un jour, il fait la connaissance d'un expatrié français qui décide de l'aider dans sa démarche artistique. Sa vie va alors s'améliorer. Son quartier lui attribue une autre personnalité. Chaque jour, des commérages vont bon train. On raconte ici qu'il a beaucoup d'argent parce qu'il est l'ami des blancs ; on dit là-bas que les blancs l'exploitent parce qu'il est un artiste "plein de talent". Quant à ses parents, croyant de bon cur à toutes ces rumeurs, leur grand rêve est de le voir partir en France un jour, comme le fils des autres. Mais lorsqu'il rencontre une fille qu'il aime, cela devient un grand drame pour ses parents... Pris dans ses problèmes avec sa famille et ses voisins à Bangui, il part à Bambari, pour prendre de la distance. Il y rencontrera son oncle et la "tradition"... Ce roman met en exergue la nouvelle société africaine avec la contradiction entre le modernisme et la tradition qu'elle nourrit, la relation entre les parents et leurs fils, l'amour et la haine du prochain, le sens de la solidarité africaine, les jours et les nuits qui encadrent notre existence, l'espoir des lendemains, la lutte pour la survie...

Pays Bafoué: De 1996 à 1997, trois mutineries successives ont terriblement secoué la République Centrafricaine. Pendant cette période, nombre de gens sont morts, beaucoup d'autres ont survécu tant avec des cicatrices sur les corps qu'avec des curs froissés. La situation du pays après ces événements reste très tendue. La méfiance, la haine tribale, la psychose d'un coup d'état ou d'une mutinerie, les relations politiques, le sens du pouvoir... demeurent des questions qui reviennent sans cesse au fil de la narration. Quatre ans après ces évènements, une tentative de coup d'état suivie quelques mois après par un soulèvement d'une partie de l'armée témoigne de cette tension. Ce livre est le témoignage de l'auteur, les moments qu'il a vécus avec sa famille, ses amis, avec lui-même. C'est aussi un regard sur son pays et ses gens que de grands troubles sociopolitiques peuvent transformer, sans grande difficulté, en bourreaux et en victimes. L'avenir du pays est remis au doute..."


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