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Uhuru Keyatta: Inculpé mais élu à la magistrature suprême

Poursuivit par la cour pénale internationale pour son rôle dans les émeutes postélectorales de 2007, il vient díêtre élu président de la République du Kenya

 

Même la cour pénale internationale nía pas pu arrêter líascension díUhuru Kenyatta à la magistrature suprême. Samedi 9 mars, après cinq jours d'un dépouillement ralenti par une série de couacs, la Commission électorale kényane a annoncé la victoire de M. Kenyatta, 51 ans, fils du premier président kényan et héros de la lutte d'indépendance Jomo Kenyatta. Le nouveau président poursuivi, est inculpé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. Il est même le premier inculpé de la CPI à devenir chef d'Etat. La Cour a aussitôt précisée que son élection ne lui conférait en aucun cas l'immunité. La procédure suit son cours. L'ouverture de son procès est prévue le 9 juillet prochain, et le nouveau président a assuré qu'il se rendra à La Haye pour laver son nom.

 


© newyorker.com
Le jeune président élu et inculpé par la CPI
La peur des violences interethniques
Depuis l'année dernière, les conflits politiques et interethniques au Kenya ont causé la mort de près de 500 personnes; plus de 118 000 personnes ont été déplacées. Aujourd'hui les Kenyans craignent par dessus tout que le scénario de 2007 ne se répète. Que le pays ne sombre une fois encore dans le chaos et que les divisions politiques et tribales se règlent à nouveau dans le sang. Les affrontements tribaux avaient alors fait plus de mille morts. S'estimant floués, les partisans de Raila Odinga Ė issus en majorité de l'ethnie Luo comme lui Ė avaient envahi les rues. Les affrontements interethniques durèrent plusieurs semaines et furent extrêmement violents. De son côté, avant même le résultat du scrutin, la communauté internationale, Etats-Unis, France et Grande-Bretagne en tête, a fait savoir qu'en cas de boycott du procès elle envisageait d'éventuelles sanctions si les deux hommes devaient effectivement arriver au pouvoir. Cet interventionnisme a permis à Uhuru Kenyatta et William Ruto de transformer leur procès en thème de campagne, qui les a conduit à la victoire

Une victoire à confirmerÖ
Tout au long du décompte, M. Kenyatta a devancé de plusieurs centaines de milliers de voix son principal rival. Il n'a finalement cependant passé la barre des 50 % de voix nécessaire pour une victoire au premier tour qu'à quelque 8 400 voix près. Le nouveau président élu avec 50,07 % des suffrages a célébré "le triomphe de la démocratie": à l'inverse du précédent scrutin, dont le résultat contesté avait déclenché de violences meurtrières. Crédité de 43,31 % des voix Ė a, tout en appelant ses supporteurs à rester calmes, Le camp Odinga il a dénoncé "des irrégularités massives" et annoncé saisir la Cour suprême. Le camp Odinga a sept jours, à compter de l'annonce des résultats, pour déposer ce recours. Selon une source dans l'entourage du premier ministre sortant, ce sera fait "probablement mercredi 13 mars». "Entre autres choses", a précisé cette source, sera posée la question de la participation massive à la présidentielle, bien supérieure à celle des autres élections (Assemblée nationale, Sénat, gouverneurs, représentants départementaux) qui étaient organisées simultanément. Selon ce proche de M. Odinga, la Cour suprême sera aussi saisie sur "la réduction et la hausse drastiques du nombre d'électeurs survenues dans certaines circonscriptions après la fin officielle de l'enregistrement des électeurs".

 



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