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Ndélé et de Kaga-Bandoro: On ne veut pas des rebelles chez nous!

Les habitants de ces villes centrafricaines s'opposent au cantonnement dans leur localité par crainte d'être à nouveau victimes des exactions de la part de ces rebelles

 

Dans la région de Ndélé, ville où la Séléka a commencé sa course vers la capitale centrafricaine, la population craint une cohabitation avec les rebelles. «Nous n'acceptons pas l'idée du gouvernement qui est de regrouper les rebelles chez nous», a martelé une autorité locale sous couvert de l'anonymat. Jean Nguégou, un habitant de la ville de Ndélé, relate que le dimanche 24 février, les rebelles ont tiré en l'air mettant la population qui est venue s'approvisionner au marché central en débandade. «C'est juste une discussion entre les rebelles qui a entrainé ces détonations d'armes terrorisant la population. Dans cette situation comment pourrions-nous vivre ensemble avec ces rebelles», a-t-il ajouté.

 


Les populations ne veulent pas des rebelles près de chez elles (images d'illustration)
Les habitants de la ville de Kaga-Bandoro partagent le même sentiment. «Les rebelles ne sont pas les originaires de Kaga- Bandoro. Si le gouvernement envisage de les cantonner, il doit les ramener dans leur région, où ils ont commencé les hostilités», a fait savoir Léon Ngoumalet, un habitant de Kaga-Bandoro. «Nous ne pouvons pas cohabiter avec les hommes qui nous ont tant fait souffrir. En les voyants à chaque fois, on se souviendra de tout ce qu'ils nous ont fait subir. Pourquoi les rassembler dans notre ville?» s'interroge une commerçante. Ainsi, les habitants des villes choisies pour le cantonnement des rebelles de la coalition Séléka, notamment de Ndélé et de Kaga-Bandoro, respectivement dans le nord- est et le centre-nord de la République centrafricaine, s'opposent à ce choix de peur d'être à nouveau victimes des exactions de la part de ces rebelles.

Interrogé sur cette question, le ministre centrafricain des Eaux et forêts, issus de la coalition Séléka, Mohamède Dhaffane, précise que les rebelles ne représentent plus une menace pour la population. Car l'accord de cessez-le feu doit être respecté par les rebelles. «Quand les éléments de Séléka seront cantonnés, ils seront contrôlés par la Force multinationale en Afrique centrale (Fomac), la population n'a plus rien à craindre, elle a intérêt à cohabiter avec les rebelles», a-t-il ajouté. Le début de cantonnement des rebelles de la coalition Séléka prévu pour le dimanche 24 février, a été reporté. Le gouvernement et la Fomac parlent de difficultés techniques et logistiques, tandis que du côté de la Séléka, certains leaders accusent le président centrafricain François Bozizé de ne pas respecter certains textes de l'Accords de cessez-le feu, notamment la libération des détenus politiques et le retrait des forces étrangères du territoire centrafricain.

 



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