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Centrafrique: L'Accord de Libreville à l'épreuve du terrain

Un mois après sa formation, le gouvernement d'union formé par le pouvoir et la coalition de l'opposition civile et armée, fait face à ses premières difficultés

 

Le cantonnement des rebelles, première phase du processus DDR, pose déjà problème
Le dimanche 24 février était la date retenue pour le début du cantonnement des rebelles du Séléka sur les deux sites de Kaga Bandoro et Bria, deux localités conquises dans le centre du pays. Mais cette opération qui donne le ton au processus Désarmement, Démobilisation et Réhabilitation (DDR), a été reportée sine die. Les rebelles ont posé des conditions avant de quitter leur base de Damara à 75 kilomètres au Nord de Bangui la capitale. Le ministre de la Communication, Christophe Ghazam Betty, lui-même issu de la rébellion, justifie cet échec par des raisons logistiques.

 


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Charles díAlmeida, chroniqueur
Les troupes de la rébellion n'auraient pas pu être transportées faute de moyens. La vérité que cache le ministre, ce sont les exigences des éléments de son camp qui sont entre autres, la libération de leurs hommes arrêtés, le départ des soldats étrangers notamment sud-africains et un cessez-le-feu. Les difficultés actuelles sont prévisibles, car l'accord de Libreville du 11 janvier 2013 aura été pour Bozizé, un calice d'un breuvage amère dont il aura avalé le contenu jusquíà la lie.

En acceptant donc de gouverner le pays avec ses ennemis, pis, de leur confier des ministères de souveraineté comme la Défense et la Communication, le président centrafricain a néanmoins pris des précautions. Au plan sécuritaire, le maintien des soldats étrangers en l'occurrence sud-africains, le préserve de toute surprise. Certes, la force régionale de l'Afrique centrale sécurise toujours la capitale, mais «Boz», comme l'appellent ses partisans, préfère avoir plusieurs boucliers de protection.

Au plan politique, François Bozizé a contourné la cohabitation que Libreville lui a imposée. Chaque ministre rebelle est flanqué d'un ministre délégué qui est un de ses fidèles. C'est en fait sur ce «shadow cabinet» (cabinet occulte) que le président síappuie pour exercer la parcelle de pouvoir qui lui reste. Pour sa communication, le président dispose de son propre appareil de propagande que sont les médias privés proches du pouvoir.

Le ministre de la Communication a fait prendre récemment des mesures contre l'un de ces organes. Ces premiers faux pas de la cohabitation donnent raison à ceux qui ont parié sur une existence éphémère du gouvernement d'union dirigé par un Premier ministre, Nicolas Tiangaye que Bozizé ne peut révoquer de son propre chef.

 



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