Archive

Environnement: le WWF au secours des éléphants d’Afrique centrale

Le fonds mondial pour la nature veut renforcer ses actions dans la protection de cette espèce menacée dans cette région

 

Il y a une semaine des conservateurs du fonds mondial pour la nature (WWF) ont lancé une pétition internationale visant à réclamer au premier ministre Thaïlandais Yingluck Shinawatra d’interdire le commerce d’ivoire dans son pays en modifiant la loi. Cette action s’inscrit dans le besoin du fonds de faire barrage à la montée du braconnage d’éléphants dans la sous-région d’Afrique centrale. En effet, la Thaïlande est une véritable plaque tournante et l’un des principaux débouchés du trafic d’ivoire. Bien que la législation thaïlandaise interdise la vente à l’intérieur du pays d’ivoire provenant d’Afrique, celle-ci n’interdit pas la vente d’ivoire ôtée sur des éléphants thaïlandais. Etant donné qu’il est difficile d’établir avec certitude la provenance des saisies d’ivoire, les magouilleurs utilisent donc ce pays comme plaque tournante de leur trafic.

 


© Ndjimbi/GR
Luc Mathot de Conservation Justice et Bas Huijbregts directeur de la campagne WWF contre le commerce illégal d’espèces
De plus, en réponse à la demande de la WWF, le gouvernement thaïlandais a déclaré qu’une interdiction de la vente d’ivoire récolté dans le pays ne se fera pas de sitôt. Ceci à cause des dispositions déjà prise pour lutter contre ce problème dans le pays. Et selon Theerapat Prayurasiddhi un environnementaliste, les propriétaires d’éléphants domestiqués ont le droit de faire ce qu’ils veulent des restes de leur animaux après leur mort.

Selon le directeur de la campagne WWF de lutte contre le commerce illégal d’espèces, on peut faire plus dans cette région pour combattre le braconnage. Mais, il tient aussi aux populations du Gabon, du Cameroun, de la République du Congo, de la République centrafricaine, de la République démocratique du Congo, de dire aux dirigeants des pays comme la Thaïlande, que leur marché d’ivoire est inacceptable. Il poursuit en disant: nous sommes en train d’assister au massacre systématique du plus grand mammifère du monde. Si rien n’est fait, on ne peut exclure que de notre vivant, il n’y aura plus aucune espèce d’éléphants en Afrique centrale, comme c’est déjà le cas dans cette région avec les rhinocéros noirs et blancs.

Les peuples d’Afrique centrale ont toutes les raisons de signer cette pétition. En effet, une étude menée en partenariat avec le fond, la Wildlife Conservation Societyet le gouvernement gabonais, a révélé que, depuis 2004, le braconnage a tué plus de 11 000 éléphants au Gabon dans la forêt du parc national de Minkebe. Ce parc, compte aujourd’hui un éléphant par kilomètre carré, contre quatre il y a dix ans. En 2011, environ 40 tonnes d’ivoire illégal avaient été saisies dans le monde, représentant ainsi des milliers d’éléphants tués. Et selon le groupe de conservation Traffic, on devrait avoir des chiffres similaires pour l’année 2012.

 



Commentaire


Retour en haut