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Seleka: l’ultimatum des paysans de Centrafrique

Ils en ont marre que les rebelles de la coalition fassent souffrir leurs frères et sśurs à l’intérieur du pays

 

M. Pascal Koyagbelé, Secrétaire général de l’Association des Paysans de Centrafrique (APC), lors d’un point de presse que son association à Bangui pense que ses membres devaient prendre leur responsabilité. Les paysans centrafricains qui constituent 45% du PIB de l’économie du pays continuent en effet d’être la cible des groupes armés dans l’arrière-pays. C’est dans ce contexte que l’APC a vu le jour suite à la dernière crise politico-militaire qui a secoué la République Centrafricaine. Selon les leaders de l’APC, les paysans sont les premières victimes de cette barbarie. Des pauvres paysans qui n’ont que la terre, comme seul moyen de leur survie. Le porte-parole de l’APC, M. Yvon Thikaya après avoir expliqué la mission de son association qui a pour vocation de défendre les intérêts des paysans, a précisé que leur courant idéologie se veut avant tout une association panafricaine attachée à un principe de l’autodétermination, de l’unité, de liberté et de la dignité. Il a déclaré que l’APC a quatre points à débattre. Le non-respect des accords de Libreville par Séléka. Sur ce point, l’APC demande aux autorités, particulièrement au chef de l’Etat de prendre ses responsabilités de protéger et de défendre le peuple centrafricain, le libérer du joug de ce groupe de mercenaires qui n’ont ni foi ni cśur.

 


© photo-Afrique.fr
Des paysans devant une récolte de café
Aujourd’hui, les frères et sśurs qui sont dans les zones sous contrôle de la rébellion ne peuvent plus vaquer à leurs occupations quotidiennes. M. Yvon Thikaya a enfin dénoncé le non-respect des accords de Libreville par la Séléka qui continuent de conquérir d’autres villes des provinces. Pour sa part, M. Donald Yambata, secrétaire général adjoint chargé de la mobilisation de l’APC a souligné que c’est une honte pour les leaders de la Séléka qui se bousculent pour le partage de gâteau.

Pendant ce temps, leurs éléments continuent de tuer, de violer et ne cessent de massacrer les populations des zones occupées. Tout le monde comprend aujourd’hui que c’est une horde de personnes affamées qui veulent nuire au bon développement socio-économique de la République Centrafricaine. M. Pascal Koyagbelé dans son intervention a plutôt souligné que, c’est au nom de la masse laborieuse et silencieuse que l’APC veut dénoncer les actes ignobles que pratique la Séléka vis-à-vis de la population. Il a confirmé les propos selon lesquels ces compatriotes sont réduits quasiment à l’état d’esclave. Il a déploré le fait qu’un jeune homme âgé de 24 ans ait été égorgé par ces bandits de grands chemins à Kembé pour le simple fait qu’il appartiendrait à l’ethnie gbaya.

Face à cette situation, M. Pascal Koyagbelé a déclaré que: ‘‘Nous nous sommes mobilisés sur le terrain et à l’intérieur du pays pour faire écho de la souffrance de ces compatriotes’’. A l’issue de cette entrevue, le secrétaire général de l’APC a lancé un ultimatum au porte-parole de la Séléka en disant: ‘‘Nous leur donnons 48h (depuis le 10 février) pour arrêter de faire souffrir nos frères et sśurs à l’intérieur du pays. Dépasser ce délai, nous prendrons nos responsabilités. Et nous profitons de cette tribune pour lancer un appel aux amis du peuple centrafricain et à la classe paysanne de nous aider afin qu’au plus vite possible nous libérer du joug de cette rébellion’’. L’association des paysans de Centrafrique est en train de constituer des dossiers en vue de se plaindre contre Séléka à la Cour Pénale Internationale (CPI).

 



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