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Centrafrique: La société civile s’inquiète

Ayant convoqué une réunion des parties prenantes à l’application des accords de Libreville, celle-ci a été ajournée

 

Le vendredi 11 janvier 2013, la majorité présidentielle en République centrafricaine, les rebelles de Séléka, les mouvements politico-militaires non combattants et l’opposition démocratique, ont apposé leur signature en bas d’un accord politique sur la résolution de la crise politico-sécuritaire en République centrafricaine et le cessez-le-feu entre les rebelles de Séléka et le pouvoir. Un mois après cette signature, le groupe de travail de la société civile sur la crise en République centrafricaine, sous l’égide de l’Observatoire national des élections (ONE), a organisé une rencontre pour rassembler autour d’une table les parties prenantes aux accords de Libreville afin de débattre des questions relatives à un retour définitif de la paix, signe d’un développement de la République centrafricaine.

 


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M. Fulgence Zeneth, le Coordonnateur de l’ONE
Malheureusement, les deux partis majoritaires dans la crise, notamment la rébellion de Séléka et la majorité présidentielle, étaient absentes de cette rencontre. D’où une montée de colère chez les autres entités qui ont répondu présentes à l’invitation. L’opposition démocratique était représentée par le premier vice-président du MLPC M. Gabriel Jean Edouard Koyambounou ainsi que le président du RDC M. Louis-Pierre Gamba et les mouvements politico-militaires non-combattants étaient pour leur part représentés par deux personnes sous la délégation de M. Abdoulaye Hissen, président de la CPJP. Ce dernier s’est d’abord mis en colère contre l’absence non-justifiée des deux entités, «signe de la négligence et de la non prise au sérieux des affaires qui concernent le pays mais qui privilégient leurs propres intérêts consistant au partage du pouvoir sans pour autant penser au peuple centrafricain qui agonise en ce moment», a fait savoir M. Hissen.

Toujours selon lui, depuis la signature des accords, ni la majorité présidentielle ni la Séléka ne se sont jamais prononcées sur l’ouverture d’un couloir permettant accéder aux zones sous contrôle de Séléka, alors que la situation est grave. «(…) On ignore ce qu’ils cache derrière la barrière de Damara», a lancé M. Hissen. Selon certains témoignages provenant des zones sous contrôle rebelle, la situation n’est pas très heureuse et personne n’ose témoigner, ceci d’autant plus que les responsables de cette rébellion dont les éléments détestent caméras et micros ne donnent pas d’autorisation d’ouverture des axes. Aujourd’hui toutes les parties donnent l’impression de se contenter de leur entrée dans le gouvernement comme si le vrai but de ce grand bain de sang et du carnage encore en cours n’est seulement que de gagner des postes ministériels. C’est pourquoi, M. Fulgence Zeneth, le Coordonnateur de l’ONE, a annoncé que les deux parties seront une fois de plus convoquées car «ce qu’il y aura à débattre est plus nécessaire pour la population que leur poste ministériel».

 



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