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A M. le Premier Ministre Nicolas Tiangaye

«Placer le Gouvernement d’Union Nationale sous le signe de la moralisation et de l’intégrité pour donner du sens aux accords de Libreville»

 

Les pâteuses éclaboussures provoquées par le pavé jeté dans la mare politico Centrafricaine par la coalition séléka a extirpé et fait gicler de son lit mineur toute sa contenue. La glauque eau a fini par tarir pour laisser apparaitre l’homopoliticus centrafricain dans toute sa nudité et sa fragilité, hanté par ses éternels doutes. Mille et une créatures diverses et variées parmi lesquelles de vieux crocodiles édentés, des serpents à plumes ou à sonnettes, des sans-têtes ni queues et autres démons de la politique nationale jusque là en hibernation ont émergé de cette gadoue. Il y a là, ces «has been», autrement dit ces «m’gbèrè kodè» de la politique centrafricaine qui ont empoisonné par le passé la vie publique et qui opportunément veulent coute que coute se remettre en selle ou bien ces transhumants de la politique, hier encore au pouvoir, coupables de mille et une trahisons auxquels viennent s’ajouter ces anonymes à l’engagement circonstanciel et intéressé. Si l’heure n’est pas aux critiques acerbes mais plutôt à l’apaisement et à la recherche de solutions claires et nettes, il n’en demeure pas moins que chacun doit prendre ses responsabilités devant le peuple martyrisé depuis plus de cinquante ans par les différents régimes qui se sont succédé et davantage encore ces dix dernières années par le régime en place.

 


© journaldebangui.com
Franck Saragba
C’est pourquoi, le Premier ministre doit impérativement placer le gouvernement d’union nationale qui est un gouvernement de mission et de salubrité publique sous le signe de la moralisation et de l’intégrité afin de donner du sens aux accords de Libreville. La majorité des centrafricains n’attend que cela. Le premier ministre doit donner un signe fort à la nation. Les accords de Libreville, et par les textes et par son esprit lui en donnent la marge de manœuvre nécessaire pour le faire. Il est vrai qu’il y a un équilibre des forces à respecter dans la composition de ce nouveau gouvernement qui est imposé d’ailleurs en partie par les accords de Libreville, il est vrai aussi que l’actuel président de la république a décidé comme à ses habitudes de ne pas respecter les accords qu’il a signé il y’a si peu , mais il serait mal venu que le premier ministre puisse reconduire ceux qui ont participé au précédent gouvernement et qui ont mené notre pays là où il est aujourd’hui. Les centrafricains ne comprendraient pas et risquent d’accabler toute la classe politique déjà en état de disgrâce et le chef du gouvernement en premier lieu.

Un pan décisif de l’Histoire politique de notre pays est en train de se dessiner. Nul doute que le nouveau et légitime premier ministre n’a pas besoin de nous autres pour le lui rappeler mais faille t-il encore qu’il veuille entrer dans l’histoire car lui seul détient à présent la clef de voûte. A lui de ne pas céder aux caprices et autres diktats du régime en place.

 



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