Archive

Bangui: Les loupés de la mission de sensibilisation chez Séléka

Deux leaders de la coalition rebelle n’ont pas réussi à embarquer à bord de l’avion des Nations unies disponible

 

Les premiers couacs de la mise en application du contenu des accords signés le 11 janvier à Libreville au Gabon se font ressentir dans les rangs de la Séléka. Comme c’est de bonne guerre en période de tension, deux leaders de la rébellion ont été empêchés d’embarquer à l’aéroport international Bangui M’Poko. Michel Djotodjia et Christoph Gazam-Betty voulaient se rendre dans les zones occupées par leurs éléments afin de les sensibiliser. Joint par le RJDH, Christophe Gazam-Betty, porte-parole de la Séléka, explique que «nous étions en train de nous préparer à embarquer lorsque le commissaire de l’aéroport était venu nous demander si nous avons tous les documents qui vont nous permettre de faire ce déplacement. Or, selon ce qui a été dit à Libreville, il est de notre devoir de sensibiliser nos troupes sur le terrain sur le contenu des accords. Nous ne pouvons donc pas attendre la mise en place du gouvernement, car certains de nos éléments n’ont pas compris ce qui est mentionné dans les documents et nous devons travailler avec le comité de suivi de ces accords», a-t-il fait savoir.

 


© REUTERS
Michel Djotodjia (g) lors de la rencontre de Libreville
«C’est ainsi que nous avons décidé de partir, car une mission du genre s’est déjà rendu dans certaines zones pour le même objectif. L’avion qui doit nous aider à faire ce déplacement, est un vol affrété par le Bureau intégré des Nations Unies en Centrafrique, qui appuie aussi le processus en cours. Alors nous ne comprenons pas pourquoi les choses se déroulent ainsi», a dit Christophe Gazambeti. Pour lui, tout ce qui se passe est une machination visant à ternir l’image de la Séléka. «Ils veulent nous pousser à commettre des actes qu’ils vont par la suite nous faire porter le chapeau. Le commissaire de l’aéroport avait même fait intervenir l’armée et la garde présidentielle, pour proférer des menaces à notre encontre. Nous avons quelques dizaines de nos éléments qui assurent notre sécurité, heureusement, ceux-ci avaient de sang froid», a-t-il ajouté.

Christophe Gazambeti, porte-parole de la Séléka, a mentionné que cet évènement ne va pas empêcher son mouvement à aller de l’avant dans la mise en œuvre des accords de Libreville. «Nous n’avons pas décidé d’annuler notre voyage mais nous l’avons juste reporté. Quand tout sera réglé, nous allons descendre sur le terrain afin de sensibiliser nos troupes», a-t-il précisé. Depuis la signature des accords de paix de Libreville, on note l’attaque des villes par les éléments de la Séléka. Les responsables de la coalition rebelle attribuent ces exactions à certains de leurs éléments dits «incontrôlés». Pour les leaders de la Séléka, ces «éléments incontrôlés» n’ont reçu des ordres de personne.

 



Commentaire


Retour en haut