Archive

RCA: Bozizé le héros du vendredi 11?

Le Chef de líÉtat centrafricain conduit son pays inexorablement vers le respect des accords conclus dans la capitale gabonaise avec les rebelles du Séleka

 

Une nouvelle page semble se tourner en République Centrafricaine. Le président François Bozizé qui revenait de Libreville au Gabon vendredi 11 janvier 2013 dernier, a pu jauger de son niveau de popularité. Des centaines de milliers díhabitants de Bangui la capitale du pays sont sortis pour lui témoigner de la reconnaissance après la signature des accords qui éviteront peut être au pays de plonger dans une nouvelle guerre civile. «La situation mía rappelé celle díune équipe de football qui rentre victorieuse avec un trophée. Le président était au-dessus díune voiture et des milliers de personnes lui disaient merci» a indiqué un journaliste de la capitale centrafricaine. Pourtant cette victoire marque déjà le début de la fin politique de monsieur Bozizé.

 


© tangotimbi.wordpress.com
Chef de l'Etat de la République Centrafricaine
Une transition délicate
La crise politique commencée le 10 décembre 2012, après que les rebelles aient repris les armes, devrait aujourdíhui être surmontée. Líaccord de sortie de crise obtenu avec le Sélénka prévoit un cessez-le-feu immédiat. Contre le retour au calme, François Bozizé síengage à ne pas se présenter de nouveau à la présidentielle de 2016. Chose faite. Cet accord prévoit la mise en place d'un cabinet d'union nationale et la nomination d'un nouveau premier ministre issu de l'opposition démocratique, la dissolution de l'Assemblée nationale et l'organisation de législatives dans douze mois. Le président Bozizé restera en place jusqu'à la fin de son mandat en 2016 mais il ne pourra révoquer le nouveau premier ministre pendant la période de transition. L'accord de Libreville prévoit également le retrait de toutes les forces militaires étrangères de Centrafrique, à l'exception des Forces multinationales de l'Afrique centrale (Fomac).

Líopposition a aussi lâché du lest sur certains points: Le premier ministre ainsi que les autres membres du gouvernement ne peuvent être candidats à la prochaine présidentielle. Ainsi le Séléka réfléchira par deux fois avant de désigner leur représentant au sein du gouvernement díunion nationale. Le Séléka, demande la traduction de Bozizé devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. En échange díabandonner cette exigence, il a obtenu la libération des personnes arrêtées en relation avec la crise. La rébellion s'engage à se retirer des villes occupées et díabandonner la lutte armée. Líex-président de la Ligue centrafricaine des droits de líhomme, Nicolas Tiangaye est devenu Premier ministre. Il était à la tête de la délégation de líopposition à Libreville et a líexpérience des transitions. Il avait présidé le Parlement de transition après la prise de pouvoir de François Bozizé en 2003.

Faire face au passif humanitaire
Mais la Centrafrique doit encore faire face à de nombreux défis. Au plan politique, la composition du gouvernement sera au cúur de grands enjeux. Des interrogations sont encore sans réponses, sur ce qui sera le format du gouvernement de transition. On attend aussi de voir comment seront répartis les portefeuilles et notamment les plus stratégiques, à líinstar du ministère de la Défense revendiqué par la Seleka, celui des mines, des finances et des affaires étrangères. De même, si le président ne pourra pas démettre son premier ministre, la répartition des pouvoir entre les deux va animer la vie politique dans les prochains jours.

La RCA fera aussi face au passif humanitaire de la récente crise. Le Comité international de la Croix rouge (CICR) a indiqué vendredi dans un communiqué qu'à «Sibut et à Damara, deux villes sur la ligne de front, les populations ont pris la fuite par crainte de la violence armé» et dorment dans la brousse. La fin du conflit devrait aussi permettre de mesurer líampleur des dégâts commis. Dans le nord du pays, de nombreuses organisations humanitaires dont la Croix Rouge Internationale, travaillent à líamélioration des conditions de vie des populations. L'accord obtenu à Libreville prévoit aussi que le gouvernement d'union nationale sera chargé «de poursuivre le processus de Démobilisation, désarmement, réinsertion (DDR)», une revendication de la rébellion qui reprochait au pouvoir le non-respect de divers accords de paix précédemment signés, notamment l'accord de paix global de Libreville de 2008 qui prévoyait le DDR pour les anciens rebelles. Les présidents gabonais Ali Bongo, congolais Denis Sassou Nguesso, médiateur dans ce conflit, et tchadien Idriss Deby participaient aux discussions. Idriss Deby avait en 2003 aidé le général François Bozizé à prendre le pouvoir par un coup d'État à Bangui. Líavenir politique est en train de se jouer aujourdíhui, avec à la clé, un plus grand nombre de personnes qui ne souhaitent plus voir des affrontements civils. Le nouveau gouvernement est attendu dès ce lundi 14 et il sera la réponse à toutes les inquiétudes.

 



Commentaire


Retour en haut