Archive

Pour certains centrafricains, cíest le temps de líexil vers Douala

Rencontre avec ceux qui ont fui la guerre civile en Centrafrique

 

Líinstabilité qui prévaut présentement en RCA fait sortir beaucoup de Centrafricains du pays natal. Ils síévadent vers les pays voisins. Le Cameroun, très proche et terre de paix, accueille depuis le mois de décembre 2012 les premiers arrivants. Ils ont refusé de continuer à vivre la tragique situation occasionnée par les rebelles de la coalition Séléka. A Douala, la communauté centrafricaine gère la situation avec beaucoup de réserve. La frayeur a gagné certaines familles originaires de la RCA, où on parle de plus en plus de nouveaux venus dans la colonie. Díaucuns ne síaffichent pas publiquement en journée, dans la crainte díêtre repéré et ramené de force en RCA.

 


© tabisite.com
La route de Bouar - Douala (inaugurée)
En ce soir du 8 janvier 2013, nous faisons la rencontre à Douala du jeune Mokombango Nelson Elzear, 23 ans. Il vient de Bangui. A líen croire, il a quitté la capitale centrafricaine le 17 décembre 2012, après líassassinat de son père, Samba Gilbert (Commissaire de police), dans un snack bar sis au quartier Miskine à Bangui. Líofficier a été abattu par líun de ses collègues, capitaine de líarmée centrafricaine. Le meurtre ressemble plus à un règlement compte ; car, apprend-on, monsieur Samba a travaillé aux côtés de feu Ange Félix Patassé (ancien président de la Rca). Recherchés pour être eux aussi exécutés, les enfants du défunt se sont dispersés de par le monde. Certains ont opté de síexiler en France, au Congo Brazzaville, etc. Avec trente mille francs CFA reçu de son grand-père, au titre de subsides de route, Nelson est arrivé au Cameroun par Batouri. «Jíai vaincu le mouvement des rebelles de la Séléka jusquíà PK 12. Ça me faisait peur, surtout quand ils ont essayé díentrer à Bangui. Jíétais vraiment trempé de peur. Mes frères et moi avons décidé de fuir avant que les gens qui ont tué notre père ne mettent main sur nous, en nous faisant également passer pour des alliés des rebelles», explique le jeune homme tout triste. Sa vie síest subitement transformée en cauchemar. Aujourdíhui, il síen remet seulement au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (Hcr).

 


© afrikarabia.com
Le chemin de l'exil est encore long
Vivre la rébellion à distance
Au Consulat de la Rca, au quartier Akwa de Douala, la mine est triste. Ici, tout le monde suit de près líévolution de la situation au pays natal. Líambiance est quasiment morose dans les différents pans díactivités des centrafricains à Douala. Notamment au Bureau díaffrètement routier centrafricain (BARC), où seul le vigile est permanemment présent. La crise affecte également les nombreux ménages et familles des réfugiés centrafricains de Douala. Même les enfants níy échappent pas. Andja Steven Weesley Aser, âgé de 15 ans, est en classe de 4e allemand, dans un lycée de la place. Depuis quelque temps, il nía plus toute sa tête aux cahiers. Líenfant est traumatisé par les évènements de son pays natal. Sa position : le président Bozizé et la Séléka doivent trouver un consensus, afin de stopper les hostilités. Il interpelle également les jeunes centrafricains. «Il ne faut pas entrer dans la guerre. Car, il níest nullement agréable de vivre dans un esprit de guerre, encore moins hors de son pays», martèle Ėt-il. Andja Steven W.A se souvient quíil est tout le temps exposé à líinsécurité et à la précarité, malgré líhospitalité de son pays díaccueil. Son père, Andja Frédéric, est lui aussi en larmes. Son épouse souffrante est sans assistance. Des centrafricains à Douala pensent que les rebelles devraient donner une chance au chef de líEtat François Bozizé, et faciliter ainsi une sortie effective de crise.


Commentaire


Retour en haut