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Centrafrique: les pourparlers de paix piétinent à Libreville

"Le gouvernement centrafricain ne veut rien entendre des revendications des rebelles, ces négociations vont accoucher d'une souris"

 

Interrompues sans accord mercredi vers minuit, après 12 heures de discussions, les négociations ont repris jeudi matin, selon un responsable de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC), organisatrice de cette tentative de sortie d'une profonde crise politico-militaire dans l'un de ses plus pauvres Etat-membres. Le président Bozizé, attendu en début d'après-midi à Libreville pour un sommet des chefs d'Etat de la région, est finalement arrivé à Libreville. Ses homologues congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans ce conflit, et tchadien Idriss Deby sont arrivés jeudi matin, a constaté l'AFP. Les médiateurs espèrent au moins obtenir un cessez-le-feu. Mais de líavis de nombreux observateurs, un sérieux échec menace les cruciaux pourparlers de paix centrafricains de Libreville, en l'absence de concessions du pouvoir et des rebelles qui continuent d'exiger le départ du président François Bozizé et sa traduction devant la Cour pénale internationale.

 


© afp
Des membres du mouvement de rébellion Séléka, le 9 janvier 2013 à Libreville
"Le cessez-le-feu est très important, il pourrait aider à calmer l'anxiété des gens qui ont vraiment peur (...). Que les forces se retirent sur des positions neutres et que les gens puissent revenir chez eux", a déclaré la Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine, Margaret Vogt. "C'est un objectif très modeste, ensuite on pourra parler du reste", a-t-elle ajouté. "Le gouvernement centrafricain ne veut rien entendre des revendications des rebelles, ces négociations vont accoucher d'une souris", estimait mercredi soir, pessimiste, un responsable de la CEEAC.

Le Seleka a clairement répété son leitmotiv: le départ de Bozizé, lequel refuse catégoriquement, estimant qu'il a "perdu une bataille mais pas la guerre". "Il n'y a pas d'autre alternative, rien que le départ de Bozizé. L'unique mal des Centrafricains, c'est Bozizé, c'est tout", a déclaré un porte-parole de la rébellion, Florian Ndjadder. Dans son mémorandum, le Séléka reproche de nouveau au pouvoir le non-respect de divers accords de paix signés entre le gouvernement et les rébellions, notamment l'accord de paix global de Libreville de 2008. Les débats devaient porter principalement sur la renégociation de ces accords de paix. Les accords de Libreville comprenaient la mise en place d'un programme de Désarmement, démobilisation, réinsertion en faveur des anciens rebelles qui, selon eux, n'a jamais été respecté. M. Ikouébé a en effet demandé "aux uns et aux autres, surtout à l'opposition et aux groupes armés de respecter les engagements pris par les chefs d'Etats à N'Djamena, d'axer leurs discussions sur les accords de 2008 de Libreville".

 



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