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Centrafrique: La bataille de Libreville ou de Damara

Selon des sources concordantes les différentes délégations seraient en route pour les discussions de Libreville dont la date reste attendue

 

Les différentes délégations qui doivent participer aux discussions de Libreville sont attendues ce lundi 7 janvier dans la capitale gabonaise. Certaines délégations partiront de Bangui. C'est le cas du gouvernement, de l’opposition démocratique et des observateurs centrafricains. Les rebelles, eux, prendront un vol, organisé par les Nations unies qui ira les chercher à l’intérieur du pays, vers Bria. Le vol était prévu initialement hier dimanche mais, il a été retardé pour des raisons techniques. Les rebelles disent avoir attendu toute la matinée à l’aérodrome, puis avoir été avertis du report.

 


© rfi.fr
De gauche à droite: le secrétaire général de la CEEAC, Guy-Pierre Garcia (à gauche), la représentante de l'UA à Bangui, Hawa Ahmed Youssouf, et la représentante spéciale de l'ONU pour la RCA, Marget Vogt
Le point des préparatifs
Les délégations qui partent de Bangui doivent, elles aussi, s’envoler aujourd’hui. Elles ont avant leur départ apporté les dernières retouches aux documents qu’elles présenteront à Libreville pour essayer de convaincre les chefs d’Etat du bien-fondé de leurs revendications. Les uns ont bien l’intention de demander le départ de François Bozizé, lequel ne se déplacera que plus tard pour Libreville, pendant que ses alliés plaideront son maintien jusqu’au terme de son mandat, en 2016.

Pour cette délégation, dirigée par le ministre d’Etat Willybiro Sako, qui aura pour adjoint l’un des leaders de la majorité présidentielle, Cyriaque Gonda, la question du départ du chef de l’Etat n’est pas négociable. «Notre Constitution interdit une prise de pouvoir par les armes», lance l’un des ténors de la majorité présidentielle qui sera à Libreville, Cyriaque Gonda. Outre M. Sako, cette délégation doit compter trois ministres, des députés, des représentants du parti présidentiel, le Kwa na Kwa, notamment son secrétaire général Louis Oguéré. Il y aura également des délégués des partis politiques de la majorité et des partis alliés. Pour le ministre de l’Administration du territoire, Josué Binoua, qui fera lui aussi le déplacement, «ces discussions permettront de faire avancer le pays si elles débouchent sur le retrait des rebelles des zones occupées et si elles débouchent sur un gouvernement d’union nationale».

C’est Michel Djotodia, le chef de l’UFDR, qui dirigera le groupe de la Seleka. D’autres mouvements politico-militaires seront eux aussi représentés. Mais la Seleka entend bien mettre sur la table la question du départ du président Bozizé, faute de quoi, dit-elle, «le pays risque de retomber dans le chaos». Un point de vue que ne partage pas Abakar Sabone, le chef du Mouvement des libérateurs centrafricains pour la justice (MLCJ). Lui aussi compte se rendre à Libreville. Mais d'après lui, la Seleka devrait revenir à ses revendications initiales sur l'application des accords passés et ne pas réclamer le départ de François Bozizé car, soutient-il, c'est céder aux manipulations de la classe politique.

 


© blogue.cose.qc.ca
Les négociations directes n'auront pas lieu
La délégation de l’opposition démocratique, elle, sera dirigée par Maître Nicolas Tiangaye, qui comptera à ses côtés d’autres leaders, comme Martin Ziguélé et Henri Pouzère. «Nous partons avec détermination, pour que les choses changent», a déclaré à RFI Maître Tiangaye, sans vouloir en dire plus. La liste des membres de la délégation de l’opposition est prête depuis vendredi. Mais samedi, les neuf partis politiques qui seront représentés à Libreville se sont retrouvés au domicile de l’un des leaders pour peaufiner les documents qui seront remis en leur nom à tous, et notamment un mémorandum. «Ce mémorandum essaie de retracer les causes de la crise. Mais il n'y a pas que le mémorandum, il y a aussi une proposition de sortie de crise commune à l'ensemble des neuf partis membre du collectif de l'opposition démocratique centrafricaine. Nous en réservons la primeur au chef d'Etat de la Communauté des Etats de l'Afrique centrale», explique Maître Nicolas Tiangaye, chef de la délégation de l’opposition démocratique à Libreville. Maître Tiangaye espère que tous les sujets permettant de sortir de la crise pourront être abordés à Libreville, au-delà des thèmes du dialogue politique inclusif et du DDR, Désarmement démobilisation et réinsertion. «Il faudrait pouvoir parler des questions institutionnelles, dit-il, mais aussi des questions économiques et sécuritaires».

La société civile, enfin, n’aura en principe qu’un statut d’observateur dans ces discussions. Ce statut et le nombre de places proposées poussent certaines organisations à s’interroger sur leur participation. Dix personnes doivent par ailleurs partir à Libreville pour représenter, en tant qu’observateurs, les différentes composantes de la société centrafricaine. Un représentant pour la jeunesse, une pour les femmes, un pour la société civile. L’Eglise catholique et les syndicats auront également une place dans le processus.

Au cours des pourparlers, il n’y aura pas de discussions directes. En effet, selon une source diplomatique régionale, citée par RFI, une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEEAC se tiendra dans les jours qui viennent, «afin d’évaluer la situation en Centrafrique et d’écouter un rapport de la communauté régionale». Une réunion du comité de suivi de l’accord de paix global de 2008, présidé par le Congo, est également prévue à une date encore inconnue. A la suite de ces deux réunions, un sommet doit rassembler les chefs d’Etat de la CEEAC pour qu’ils se prononcent sur les solutions de sortie de crise.


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