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France: la forêt centrafricaine sur un drap malouin

Michel Ouabanga, artiste díorigine centrafricaine, a peint à Saint-Malo un tableau qui fait monter les enchères

 

Tête
La galerie Les naufragés du temps dans la localité de Saint-Malo en France, accueille les peintures de Michel Ouabanga et offre une plongée directe au cúur de la forêt. «La forêt est dans sa tête», confie Daniel Derrien, le propriétaire de la galerie. «Il démarre comme ça, sans dessiner. Et à chaque fois, il capte une nouvelle atmosphère.» Le Malouin vient díaccueillir cet artiste centrafricain pendant trois semaines en résidence. «Il a peint de 8 h à 23 h! Il fallait que je líarrache à ses pinceaux pour faire le tour de la ville!»

 


© ouest-france.fr
Cette úuvre de plus dí1,50 m peut être achetée aux enchères jusquíau 14 février
Couture
Un immense tableau capte le regard. «Il lía fait sur un drap de ma grand-mère», lâche dans un rire le féru díarts. «Je líavais poussé à faire un grand format mais quand jíai vu la couture verticale, je me suis dit que ça allait être affreuxÖ» Líartiste, embarqué dans sa création, a au contraire, profité de cette ligne pour créer la rive díun fleuve qui serpente entre la végétation. «Ce níétait pas évident díétablir un prix pour un si grand format. On a choisi de le mettre aux enchères.» Une initiative qui attise les curiosités. Plusieurs offres síenchaînent. Le prix est pour líinstant à 360 Ä mais peut encore largement monter díici la clôture, le 14 février.

Danger
Michel Ouabanga est rentré chez lui à Bangi, la capitale du Centrafrique. Le pays est toujours dans la tourmente politique depuis fin décembre. Daniel Derrien et les amis de la galerie síinquiètent aussi pour Kenny Kpossa. Líartiste qui a créé la galerie avec le Malouin est né lui aussi à Bangui. Depuis des années, il voulait emmener ses filles pour leur faire connaître le Centrafrique. Partie juste avant Noël, la famille se retrouve coincée là-bas. «On est inquiet», témoigne Daniel Derrien, qui a vécu longtemps en Afrique centrale. «Dans ce genre de soulèvement, les dictateurs distribuent des fusils et des machettes à níimporte qui pour faire croire quíils détiennent encore le pouvoir. Et alors là, tout le monde est en dangerÖ» Avec son entourage, il essaie de trouver une solution pour les faire sortir au plus vite du pays, en passant peut-être par Congo-Brazzaville.

 



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