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République centrafricaine: Le soutien des voisins

Une force militaire comprenant des soldats camerounais a été envoyée, pour s’interposer face aux rebelles qui marchent vers la capitale Bangui

 

Un contingent de 120 soldats camerounais serait retourné en République centrafricaine selon des sources militaires sous régionales, dans le cadre de la Force Multinationale d’Afrique Centrale (FOMAC) pour s’interposer aux côtés des soldats d’autres pays membres de la sous-région, face aux rebelles qui marchent vers la capitale centrafricaine Bangui. Des hommes déjà présents ont été rejoints par d’autres soldats notamment du Gabon, du Congo et du Tchad pour prendre position à Damara, une ville située à 75 kilomètres de Bangui, siège des institutions centrafricaines, mais aussi le siège de la Commission de la CEMAC. L’objectif de cette intervention est claire, arrêter la progression de la rébellion qui menace le pays. «Si la rébellion venait à s’approcher de Damara, elle sait qu’elle va rencontrer une force qui va réagir. Je peux vous assurer que Damara est tenue et que Bangui est bien sécurisée», a indiqué le général Jean-Félix Akaga, le chef de la (FOMAC). Cette force multinationale, mise en place en 2008. Elle avait pour mission d'aider à consolider la paix dans le pays miné par des années de guerres civiles et de nombreuses rébellions. Elle a compté jusqu'à 500 soldats et avait commencé à se retirer progressivement de Centrafrique, qu'elle était censée quitter définitivement avant le 31 décembre 2013. On ignore si le gouvernement va envoyer plus d’hommes en cas d’aggravation de la crise. Mais l’hypothèse ne semble pas exclue en raison notamment d’une forte présence de la communauté camerounaise dans ce pays.

 


© ap
Le général Jean-Félix Akaga, le chef de la (FOMAC)
Sur place à Bangui, la situation politique a évolué entre temps. Mercredi 02 janvier 2013, le chef de l’Etat François Bozizé a annoncé avoir limogé le ministre délégué de la Défense, qui n’est autre que son fils, ainsi que le chef d’Etat-major de l’armée. Dans son discours de vœux du Nouvel An, il avait déjà «regretté» le manque de discipline et l'échec des Forces armées centrafricaines devant la progression éclair de la rébellion. De nombreux pays ont évacué leurs ressortissants et les partenaires techniques et financiers ont évacué leurs personnels, notamment au Cameroun. En acceptant d’envoyer des hommes en République centrafricaine, les chefs d’Etat de la région ont offert un délai au président Bozizé. La présence de cette force multinationale des pays d’Afrique centrale permet aussi aux réfugiés de revenir à Bangui. Ils avaient fui la capitale ces derniers jours, craignant une attaque des rebelles. La rébellion du Séléka ("Alliance", en sango, la langue nationale) a pris les armes le 10 décembre et a conquis d'importantes villes du nord et du centre de la Centrafrique. Après plusieurs jours de combats au bilan incertain, le principe des négociations la semaine prochaine à Libreville au Gabon a été admis. «Nous allons envoyer une délégation au Gabon en vue de participer aux pourparlers de paix», a fait savoir le porte-parole de la coalition du Séléka, Eric Massi. Mais un accord risque d’être difficile, tant les intérêts sont opposés. Le porte-parole du Séléka a rappelé que les rebelles exigeaient le départ du pouvoir de François Bozizé qui dirige le pays depuis 2003. «Le départ du président Bozizé reste toujours pour nous une exigence parce que nous mettons en doute sa sincérité», a-t-il déclaré. François Bozizé lui s'est dit prêt à un dialogue sans condition en vue de la formation d'un gouvernement d'union nationale.

 



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