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Les rebelles centrafricains suspendent leur marche sur Bangui

A la suite de la mise en garde contre une attaque de la ville de Damara, qui serait considérée comme une déclaration de guerre

 

Finalement, les rebelles préfèrent tempérer leurs ardeurs depuis líarrivée de líannée 2013. Le commandement du Séléka annonce la suspension de son offensive en direction de la capitale et se prépare à envoyer une délégation aux pourparlers de paix organisés à Libreville, au Gabon. "J'ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d'aujourd'hui (mercredi) parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville pour trouver une solution politique", a déclaré Eric Massi, porte-parole du mouvement, joint par téléphone à Paris par líAFP. "Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise mais, une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu", a-t-il ajouté. Dimanche, le chef de l'Etat centrafricain s'était dit prêt à un dialogue sans délai à Libreville, au Gabon, proposant même la formation d'un gouvernement d'union nationale auquel pourraient participer les rebelles.

 


© afp
Eric Massi, porte-parole du mouvement, ira peut-être à Libreville
Mise en garde de la FOMAC et de la CEEAC
La Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) déployée en Centrafrique a mis en garde mercredi la rébellion centrafricaine contre toute tentative de prendre la ville de Damara, dernier verrou à 75 km de Bangui. Une telle opération serait considérée comme "une déclaration de guerre" selon le commandant de la Fomac, le général Jean-Félix Akaga, dont les troupes sont positionnées à Damara. "Nous ne cèderons pas Damara, que ce soit clair. Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les 10 Etats d'Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu'ils en arriveront là", a-t-il déclaré. Cette semaine, les pays d'Afrique centrale ont envoyé des renforts pour protéger la capitale centrafricaine menacée par les rebelles du Séléka positionnés à Sibut (160 km au nord), et qui, contrôlant une large partie du pays, réclament le départ du président François Bozizé. Les effectifs de la Fomac, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes.

Bangui militairement est protégée, a assuré le général Akaga, réaffirmant que la Fomac s'interposait pour empêcher une reprise des hostilités alors que le front s'est stabilisé depuis la fin de la semaine dernière. La ligne rouge est valable pour les Faca (les forces régulières centrafricaines) et pour les rebelles. (...) Nous empêchons dans les deux sens de franchir la ligne rouge, a-t-il souligné. Les pays d'Afrique centrale réclament la tenue de pourparlers à Libreville, au Gabon, entre le gouvernement centrafricain et la rébellion, pour trouver une issue à la crise ouverte par l'offensive du Séléka lancée le 10 décembre. Nous sommes dans un statu quo. Je pense qu'il y a une volonté de part et d'autre d'attendre les négociations à Libreville, a dit le général Akaga.

 


© Ben Curtis/AP/SIPA
La bataille de Damara est à éviter
La rébellion a dit jusqu'à présent ne pas croire aux promesses du président Bozizé. Son porte-parole Eric Massi a brandi la menace d'une marche sur Damara et Bangui avant la mise en garde de la FOMAC et de la CEEAC. Nous n'avons pas de contact direct avec les rebelles, et personne ne peut avoir de chiffre exact (sur leur nombre). Ca m'étonnerait que les rebelles sachent combien ils sont, c'est un mélange de plusieurs tendances, a-t-il dit. Le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) et allié du président Bozizé, qu'il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu que Damara constituait une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties. Les troupes tchadiennes sont officiellement déployées dans le cadre de la Fomac, mise en place en 2008 pour aider à la stabilisation du pays, et qui était dans un processus de retrait définitif au moment du début de l'offensive rebelle.


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