Archive

Egypte: Les chefs de líopposition laïque visés par la justice

Le procureur général égyptien a demandé quíune enquête soit ouverte à leur encontre

 

La situation pourrait encore dégénérer au pays des pharaons. Après des violentes manifestations qui ont secoué le pays, le procureur général Talaat Abdallah a demandé jeudi 27 décembre, qu'une enquête soit ouverte à l'encontre des trois principaux chefs de l'opposition laïque. Ils sont accusés d'avoir incité au renversement du président islamiste Mohamed Morsi, selon des sources judiciaires. Sont visés le Prix Nobel de la paix et ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU, Mohamed El Baradei, l'ancien patron de la Ligue arabe, Amr Moussa, et le leader de la gauche nationaliste, Hamdeen Sabbahi. Moussa et Sabbahi ont été candidats à la présidentielle de juin 2012 contre Mohamed Morsi. Le procureur général, nommé par Morsi il y a quelques semaines, a demandé au ministre de la Justice, Ahmed Mekki, de nommer un juge d'instruction pour enquêter sur des accusations dí«incitation au renversement» du régime, portées contre les trois opposants par un membre du Syndicat des avocats, Me Hamed al-Sayyed. Ce type d'enquête peut, si les accusations sont jugées fondées, mener à des inculpations et à un procès.

 


© lepoint.fr
Les trois chefs de l'opposition laïque
La nouvelle constitution adoptée, la guerre continue malgré
Le président égyptien, Mohamed Morsi, quant à lui s'est félicité mercredi 26 décembre de l'adoption de la nouvelle Constitution soutenue par les islamistes, et a annoncé un prochain remaniement du gouvernement pour répondre aux défis économiques du pays. Du côté de líopposition MM. El Baradei, Moussa et Sabbahi qui sont à la tête du Front national du salut (FSN), principale coalition de l'opposition, qui a mené un combat farouche contre le projet de Constitution soutenu par les islamistes, qui vient d'être approuvé par référendum. Le FSN estime que ce référendum a été entaché de graves fraudes et d'irrégularités, et a promis de poursuivre son combat pour faire invalider la nouvelle loi fondamentale, accusée de favoriser l'islamisation de la législation et d'offrir peu de garanties pour certaines libertés. Le FSN appelle en outre à des manifestations contre Mohamed Morsi le 25 janvier prochain, pour le deuxième anniversaire du début du soulèvement populaire qui poussa l'ancien président Hosni Moubarak à la démission. Si líenquête préliminaire ordonnée par le procureur général, mène à des inculpations, la rue pourrait de nouveau se faire entendre.

 



Commentaire


Retour en haut