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Pour la concorde et le changement

Par Franck Saragba

 

La pagaille politico militariste qui prévaut sur lensemble du territoire national résulte dun savoir faire initié naguère par un général, chef détat major des armées de son Etat, aujourdhui, président de la République. Suppôt légataire dun « pseudo sursaut patriotique» au nom duquel la fétide ivraie avait été ensemencée par inadvertance en lieu et place de la bonne graine nourricière. Latente putréfaction du régime politique en place qui allait crescendo au lendemain du 15 mars 2003, ce, malgré les nombreuses interpellations et autres tentatives de réconciliation aussi bien de la part de lopposition démocratique que des groupes armés par le dialogue politique sont restées vaines. Si le régime en place avait appliqué les recommandations du dialogue politique inclusif, nous nen serions pas là. A vouloir jouer trop au malin, voilà que toute la fétide puanteur de linges sales qui devraient se laver en famille se répand au-delà de nos frontières. Sétale alors au grand jour les limites dun régime politique aphone, entretenues par dinsouciants opportunistes prédateurs à la tête desquels se trouve un président incompétent et impopulaire de surcroît va-t-en guerrier. Pendant que la généreuse population meurt par milliers dans lindifférence générale des gouvernants et de la communauté internationale.

 


© journaldebangui.com
Franck Saragba
Bozizé doit admettre quil a échoué au bout de dix années, Il doit sen aller. Parce quil a voulu gouverner seul contre tous, le général Bozizé, en tant que chef politique, chef militaire, chef religieux aura été le principale responsable du chaos instauré dans notre pays ces dix dernières années. On aura beau accuser les régimes qui lont précédé ou encore les groupes armées de tous les maux dont souffrent notre pays mais il va falloir reconnaitre que lorsque lon accède au pouvoir de lEtat, cest toujours et normalement avec un projet de société dans le but daméliorer les conditions dexistence de ses concitoyens, du développement de son pays. En fait, faire mieux que le régime qui a précédé le vôtre, or, il faudrait se rendre à lévidence que ce nest pas le cas aujourdhui. Quel est ou quels sont concrètement les projets réalisés par le régime en place au bout de ces dix années?

Le régime en place a repris toutes les tares et autres dysfonctionnements des précédents régimes qui ont eu à gouverner notre pays depuis plus de cinquante ans pour les perfectionner en un système destructeur performant. Limpôt de capitation de triste mémoire, combien impopulaire auprès de nos concitoyens a failli même faire son retour en ce moment de crise où la plupart des centrafricains se contentent dun repas par jour. Les maux dont souffraient nos concitoyens sous les précédents régimes ont été élevé à une puissance exponentielle. À quoi donc a servi le changement de régime dix ans après? Bozizé doit admettre quil a échoué sur toutes les lignes au bout de ces dix années par conséquent il doit sen aller. À ce moment-là, il faudrait avoir la dignité et lhonnêteté de sarrêter avant quil ne soit trop tard. Dautant plus que le régime en place a pu disposer seul de tous les pouvoirs en même temps quil a bénéficié de plus daides financières et techniques octroyées généreusement par des pays amis et des organismes internationaux quaucun autre régime na obtenu auparavant.

Le jeu indigne et dangereux que joue le général Bozizé.
Vassalisé et redevable du président Tchadien pour lavoir installé au pouvoir, le général centrafricain a du mal à sémanciper de ce tutorat encombrant qui lui impose de plus en plus ses diktats à la limite du supportable au point que le pays tout entier en pâtit. Nhésitant plus à simmiscer directement dans les affaires intérieures de la Centrafrique au point de saborder lautorité de Bozizé dans son propre camp. Les centrafricains savent que cest Deby qui préside à Bangui et quil ne lâchera pas ce dernier tant quil ne nobtiendra pas de garantie sur la non exploitation du pétrole centrafricain pour au moins une vingtaine dannée. Auquel cas, Deby se chargera de trouver un homme de paille, ces assoiffés de pouvoir du même acabit que le premier, prêt à vendre le pays parmi lopposition centrafricaine ou la rébellion pour refaire encore aux centrafricains le même coup du «sursaut patriotique», et le tour est joué. Si des raisons inavouables comme lexploitation du pétrole centrafricain lie le général Bozizé et le transforme en homme lige et les centrafricains en sous -hommes, alors lhistoire retiendra que Bozizé à jouer avec la vie de la Nation juste pour préserver un semblant de pouvoir. Ce qui constituerait un crime imprescriptible pour des générations. Pourquoi ne reprend t-il pas sa liberté en composant avec ses frères de lopposition dans le but de quitter dignement le pouvoir pendant quil est encore temps ? En composant sincèrement avec lopposition démocratique, la société civile et la coalition SELEKA, il desserrera inévitablement létau de Deby qui létouffe et agace sérieusement les centrafricains. À lopposition de lui garantir sa sécurité. Ne dit-on pas que les affaires sales se lavent en famille ? Préfère t-il remettre son destin encore entre les mains de Deby qui na cessé de lhumilier afin de le rendre impopulaire auprès des siens? Jusquoù Bozizé est t-il prêt à accepter les diktats de Deby et à aller contre le peuple centrafricain?

Aux abois et pour préserver son illégitime pouvoir décrié de toute part qui est plutôt sur la fin, le général cinq étoile fais recours à de vieilles recettes de dictateurs. Chantages, menaces ou nominations complaisantes pleuvent de toute part au lieu de jouer à laccalmie en ouvrant le débat et les négociations avec ses frères de lopposition démocratique, de la société civile ainsi quavec ceux de la coalition SELEKA afin de trouver une issue heureuse. Le régime sentête à désigner à tort soit les membres de lopposition démocratique comme responsables de léchec de son régime, soit des personnes anonymes qui sont accusées de vouloir faire un coup détat. Arbitrairement arrêtées, elles croupissent désespérément dans la prison politique de Bossembélé. À moins que ce soient les rebelles qui sont réunis au sein de la coalition SELEKA pour revendiquer leur dû suites aux différents accords signés qui sont indexés. Pire, le régime en place nhésite pas à organiser ces derniers jours une marche de soutien à son régime en payant et livrant des jeunes désuvrés contre la France et contre lunion Européenne avec pour consigne de mettre le feu aux drapeaux respectifs. Un acte condamnable qui démontre une fois de plus la mauvaise foi dun régime ingrat à bout de souffle, incapable de remettre de lordre dune manière rationnelle dans ses propres rangs mais toujours prompt à trouver des boucs émissaires ici et là.

 



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