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La Séléka refuse de discuter à Libreville et s’approche de Bangui

Depuis la condamnation des rebelles par le Gabon, la coalition demande une délocalisation des négociations et souhaite un réel «i dialogue inclus» pour régler la crise

 

Depuis trois semaines, la coalition du Séléka fait route vers Bangui avec la ferme intention de «faire appliquer pleinement» les accords de paix de 2007. Les rebelles accusent le président centrafricain, François Bozizé, de ne pas avoir respecté ses engagements. Ils se sont emparés de la ville minière de Bria et samedi des villes d’Ippy et Ndassima, situées dans le centre. Dimanche, dans la matinée, l’importante localité de Bambari est tombée aux mains des rebelles, après d’intenses combats. Avec 50 000 habitants, la ville constituait une zone de garnison importante pour l’armée régulière. La chute de Bambari intervient alors que François Bozizé acceptait enfin de dialoguer, à Libreville, à condition que la coalition se retire de ses positions. Mais la Séléka continue son avancée, pour contrer les attaques de l’armée régulière, affirme-t-elle. Ce dimanche, un porte-parole de la rébellion a indiqué que son mouvement refusait de se rendre à Libreville pour négocier depuis la condamnation des rebelles par le Gabon. La Séléka demande une délocalisation des négociations et souhaite un réel «dialogue inclusi» pour régler la crise.

 


© cap
Sur le plan militaire, les rebelles ont l’avantage malgré l’intervention des troupes tchadiennes en renfort de l’armée gouvernementale. Un responsable de la Séléka affirme que les troupes tchadiennes n’avaient «toujours pas affronté la rébellion» et «ne bougeaient pas». Un signe de lâchage de Bozizé par Idriss Débi d’après la Séléka, qui affirme également avoir récupéré du matériel militaire aux FACA (l’armée régulière) ce dimanche. «Une compagnie rebelle se trouvait dimanche soir à 85 kilomètres de Bangui» affirme le porte-parole de la Séléka qui a ajouté que «François Bozizé ne pouvait plus tenir militairement».

A Bangui, l’avancée est suivie avec inquiétude, car elle ravive de mauvais souvenirs. Par précaution, certains font déjà des réserves de nourriture. La population reste marquée par le souvenir de la prise de pouvoir du président Bozizé en 2003. Le général avait alors conquis des villes sans résistance de l’armée, jusqu’à Bangui. La situation actuelle est toutefois différente, avec la présence de militaires tchadiens à Sibut, sur la route de Bangui. Mais la ville plonge néanmoins dans une peur généralisée. Les éléments de l’armée renforcent leur présence dans tous les quartiers. Une forte présence des FACA, lourdement armés, est visible à chaque check point de Bangui. Des rumeurs très appuyées affirment que la France aurait intimé l’ordre au Tchad d’Idriss Deby d’observer une stricte neutralité dans le conflit centrafricano-centrafricain.

 



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