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La rougeole progresse à nouveau sur le continent africain

Pourtant líOrganisation mondiale de la santé veut éradiquer la rougeole díici à 2015 en Afrique

 

«Environ 10% des enfants ont besoin díêtre hospitalisés»
Afrique du Sud, Zimbabwe, Mozambique, Tchad, Namibie, Zambie, Burkina Faso, Nigeria, République démocratique du Congo, mais aussi Cambodge en AsieÖ la liste des nouveaux pays contaminés par ce virus hautement contagieux ne cesse de síallonger dans líindifférence générale. Infection respiratoire relativement bénigne en Europe, la rougeole peut pourtant entraîner, dans les zones de faible accès aux soins, de graves complications, notamment chez les enfants : pneumonie, cécité, diarrhées sévères et malnutrition, encéphalites (inflammation du cerveau). «Environ 10% des enfants ont besoin díêtre hospitalisés, précise Florence Fermon, spécialiste de la rougeole et de la vaccination à Médecins sans frontières (MSF). Les décès sont inférieurs à 2% des cas.» Síil níexiste pas de traitement, le vaccin peu coûteux assure une protection efficace.

 


© af
Vaccination contre la rougeole à Johannesbourg,
10% à 15% de ceux qui subissent une injection ne sont pas immunisées
Dans le monde, les campagnes vaccinales massives ont díailleurs fait reculer le nombre de décès de 733 000 en 2000 à 173 000 en 2008, díaprès les estimations de líOMS. «La réduction de la mortalité a commencé à marquer le pas en 2007, avertissait pourtant líorganisation dans un rapport fin 2009. La diminution considérable du financement des activités de lutte pourrait entraîner une résurgence de la mortalité et ralentir les progrès accomplis», particulièrement en Afrique subsaharienne. La rougeole ne figure donc plus parmi les priorités des ministères de la santé et des bailleurs de fonds. Par ricochet, la vigilance síest relâchée, si bien que la couverture vaccinale recule dans certains pays. «On a laissé tomber la surveillance épidémiologique», estime Emmanuel Baron, directeur díÉpicentre, centre de recherche et díépidémiologie de Médecins sans frontières. «Or, on sait que 10% à 15% des personnes qui subissent une injection ne sont pas immunisées. Année après année, un groupe de plus en plus large se constitue, poursuit-il. Ce sont les limites des grands programmes de vaccination.»

«Revoir la stratégie de vaccination»
Le Malawi est un bon exemple des carences actuelles des protocoles. Chaque enfant y reçoit théoriquement une dose entre líâge de 9 et 11 mois. Il bénéficie díune seconde dose lors des campagnes dites de rattrapage, tous les trois ou quatre ans. Ces deux types de programmes lui permettent díafficher des taux de couverture vaccinale de líordre de 100%. Pour autant, Médecins sans frontières, en accord avec les autorités, a dû vacciner 3 millions díenfants sur une population totale de 12 millions cette année, quand líépidémie de rougeole a pris des proportions alarmantes. Díoù la volonté de líONG díalerter sur les défaillances du système. «Les programmes datent díau moins quinze ans, poursuit Florence Fermon. La recrudescence de la maladie démontre la nécessité de revoir la stratégie de vaccination.»

 



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