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Regards: les populations jugent le bilan de la traque de Joseph Kony

Malgré la forte présence militaire internationale la capture du leader de la LRA reste une chimère et cela indigne la population

 

Depuis plus d’un an, une forte présence militaire internationale se trouve à Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou (sud-est), où sévit la rébellion ougandaise de l’Armée de résistance du seigneur de Joseph Kony. Mais malgré cet intérêt mondial, l’on n’arrive toujours pas capturer le leader de la LRA, poursuivi par la Cour pénale internationale. Et cela indigne la population. Pour la plupart des habitants de la ville d’Obo et autres, il est difficile de comprendre que malgré la présence de l’armée ougandaise, de l’armée centrafricaine (FACA) et des conseillers militaires américains, la LRA continue d’attaquer des villages aux portes mêmes des villes et des villages et que la population vive encore dans la peur et l’insécurité. Ce point de vue est partagé par le président de l’association des victimes de la LRA de la ville d’Obo, Gaétan Zangagoumé, joint ce lundi par le RJDH. «Le gouvernement nous disait qu’avec l’arrivée de forces ougandaises et centrafricaines, il mettrait fin aux exactions de la LRA. Mais sur le terrain, la population continue de mourir», a-t-il dit.

 


© armée-de-l'air
Appui de la communauté international dans la traque de J. Kony
Il relève que beaucoup de personnes se déplacent encore à l’intérieur de leur propre pays et ont peur de rentrer dans leur village d’origine, à cause de cette rébellion. La population a peur de vaquer librement à ses activités de peur d’être kidnappée par les éléments de la LRA. «Les américains ne combattent pas, les militaires centrafricains sont sous-équipés, les ougandais ne font absolument rien sur le terrain et ne s’occupent que de leur business. La population vit toujours dans la peur après une année d’une forte présence militaire», a-t-il martelé. Jean-Philippe Ndoko, un habitant la ville de Zémio toujours dans le sud-est, cette présence militaire est sans importance, parce qu’elle ne répond pas aux attentes de la, population qui est de voir Joseph Kony capturé et livré à la Cour pénale internationale. «Nous ne voyons pas l’importance de ces hommes. Pour nous, ils constituent encore plus une source d’insécurité, parce que certains d’entre eux persécutent encore la population», s’est-il indigne-t-il.

Aujourd’hui, la liberté de circuler est menacée parce que la population ne peut pas se déplacer au-delà de cinq kilomètres, malgré la promesse des forces tripartites qui ont annoncé un rayon de sécurité de 25 kilomètres. Mais pour la population, il est impossible, car les éléments de la LRA rodent toujours autour des villes et des villages. Interrogées par Radio Zéréda, la plupart des personnes répondent que toutes les informations concernant la LRA ont été livrées aux forces armées, et pourtant cette rébellion continue d’opérer dans les rayons de moins de cinq kilomètres autour de la ville. «C’est ce qui est décourageant!», s’est indignée une des personnes interrogées. Il faut toutefois souligner que grâce à une opération de l’armée ougandaise, le numéro 4 de la LRA, le général Caesar Acellam, a été capturé sur le sol centrafricain, le 13 mai 2012.

 


© courtois.michel66
Les populations sont les premières victimes
Le 20 avril 2012, l’organisation Human Rights Watch (HWR) avait publié un rapport sur les attaques perpétrées par la LRA en Centrafrique. Pour cette ONG «les attaques de ce groupe armé se sont intensifiées en République centrafricaine depuis le début de l’année 2012, mettant les populations civiles des zones affectées dans une situation de nécessité urgente de protection». Le rapport soulignait également qu’entre janvier et mars 2012, la LRA a mené au moins 53 nouvelles attaques en RCA, au cours desquelles elle a enlevé 90 civils et en a tué neuf autres. Le nombre d’attaques dans le sud-est de la RCA a considérablement augmenté par rapport aux attaques signalées en 2011. «L’intensification des attaques de la LRA montre que le groupe rebelle n’est pas affaibli et qu’il constitue toujours une menace sérieuse pour les civils», expliquait Anneke Van Woudenberg, chercheuse senior pour la division Afrique à HWR.

Au cours d’une réunion de concertation organisée par le député suppléant de la ville d’Obo,Marie Angéline Anirafouyo, le 16 octobre dernier, les forces ougandaises et centrafricaines ainsi que les conseillers militaires américains sur le retard enregistré dans la capture de Joseph Kony et la neutralisation de la LRA. Cette situation d’insécurité permanente a considérablement perturbé les activités socioéconomiques des populations de cette région. Le jeudi 22 novembre dernier, une personne a été tué et quatre autres enlevées au cours d’une attaque menée par la LRA dans la ville de Rafaï.


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