Archive

Budget 2013: le projet de contribution citoyenne divise les Centrafricains

Elle devrait permettre à l’Etat centrafricain d’engranger quelques fonds pour assurer le financement du budget estimé à 260 900 milliards FCFA

 

L’impôt de capitation est de retour dans le projet de budget 2013 soumis aux élus du peuple par le gouvernement centrafricain. Cette fois-ci, l’impôt de capitation change de nom et devient «contribution citoyenne». Elle devrait permettre à l’Etat centrafricain d’engranger quelques fonds pour assurer le financement du budget 2013 estimés à 260, 900 milliards Fcfa. Mais cette innovation du gouvernement centrafricain divise les centrafricains. «Je ne vois pas d’un bon œil le retour en force de l’impôt de capitation qui a avait été supprimé par le défunt président Ange Félix Patassé. Les autorités feraient mieux de chercher ailleurs les fonds qui leur permettraient de gérer le pays. Ils peuvent faire revenir dans les caisses vides de l’Etat centrafricain, les fonds qu’ils ont volés depuis le 15 mars 2003 qu’ils ont pris le pouvoir. Le faisant, je crois que ce ne serait que justice», déclare un enseignant du Lycée Barthélémy Boganda.

 


contribuer au financement du budget
Pour Yann, cet étudiant en année de maîtrise de droit public, «en tant qu’étudiant, cette mesure ne me concerne pas puisque l’exposé des motifs met à l’abri les élèves et étudiants. Mais en tant que citoyen centrafricain, je considère que le gouvernement centrafricain, aux trains de vie assez désobligeants pour le commun des mortels, veut, une fois de plus, se moquer du peuple centrafricain, affamé à souhait et ne sachant comment faire pour joindre les deux bouts. Ils doivent seulement réduire leurs salaires, mettre fin aux interminables missions de trois semaines à l’extérieur sur financement du Trésor et se rendre à l’évidence que la lutte contre la corruption, si elle est menée avec réalisme, pourrait offrir à l’Etat les fonds qu’il cherche dans les poches trouées des pauvres citoyens».

Son de cloche partagée par Muriel, elle aussi étudiante en droit public «A l’heure où les européens se mettent à l’ère de l’austérité pour avoir une certaine visibilité dans leur économie, en Centrafrique, c’est tout à fait le contraire. Pays pauvre comme le nôtre, nos gouvernants se doivent d’avoir des politiques à la hauteur de nos moyens. Un gouvernement de 34 ministres, des institutions qui se créent à tour de bras impactant ainsi sur les charges étatiques et au final, une certaine défaillance de l’Etat qui n’arrive pas à faire face à ses obligations de souveraineté. Soit on sait ce qu’on veut et on le fait dans les règles de l’art, soit on se rend à l’évidence que la charge est trop lourde et on en tire toutes les conséquences. Vouloir associer le citoyen au financement du budget, je considère cela comme de la mauvaise blague».

Réaliste comme il se définit, Boris, diplômé sans emploi devenu vendeur ambulant des produits pharmaceutiques, il déclare que même si l’initiative est salutaire, elle soulèverait plus de problèmes sociaux dans un pays qui n’en a pas besoin. «Pour ceux qui travaillent, il n’y aura pas de problème mais pour ceux qui n’ont rien, ce sera vraiment dur. Je sais que l’initiative est salutaire pour renflouer les caisses de l’Etat. Et l’impôt de capitation, c’était un manque à gagner pour l’Etat mais de là à le faire revenir de force, je crois que cela emmènera des problèmes sociaux dans un pays qui n’en a pas besoin». Mais dans un pays où les caisses sont toujours vides, l’Etat qui en tant besoin de l’argent, il ne fait aucun doute que les élus du peuple de cette Assemblée « monocolore » voteront cette mesure phare afin de permettre à l’Etat d’avoir des liquidités en plus et de continuer à payer leurs salaires mirobolants, vu l’état du pays. De ce fait, et à l’exclusion des élèves et étudiants, des fonctionnaires et agents de l’Etats assujettis aux impôts prévus par le code général des impôts, les citoyens centrafricains âgés de 18 à 64 ans, non soumis à l’un des impôts prévus par le Code Général des Impôts seront astreints au paiement d’un montant soit de 10.000 FCFA, de 5000 à 3000 FCFA francs ou de 1500 à 1000 FCFA représentant l’impôt de capitation ou la fameuse contribution citoyenne.

 



Commentaire


Retour en haut