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Les dessous du retour des éléments tchadiens au pays natal

Bien que ce retour soit tardif, il est cependant salutaire et souhaitable pour plusieurs raisons

 

Le Tchad a joué un rôle de premier plan dans le coup díEtat militaire du 15 mars 2003. Les éléments tchadiens qui ont accompagné François Bozizé à líépoque y sont restés longtemps. Dix ans après, les hommes forts de Bangui doivent enfin passer la main aux vrais fils du pays pour síoccuper de líescorte du chef de líEtat. Bien que ce retour soit tardif, il est cependant salutaire et souhaitable pour plusieurs raisons. Pour mémoire, les éléments tchadiens venus à Bangui pour besoin de la cause ont été à líorigine de plusieurs dégâts et exactions aux conséquences néfastes sur líéconomie du pays. Le projet «DROP» de la préfecture de líOuham-Péndé pillé et mis à sac, des véhicules emportés vers le Tchad, le projet japonais «KAJIMA» nía pas aussi été épargné, ainsi que la CFAO qui a payé le 15 mars 2003 le lourd tribut des exactions et pillages commis par les éléments tchadiens. Conséquence: beaucoup de Centrafricains sont au chômage et la RCA ne parvient pas aujourdíhui à retrouver sa forme suite à ces évènements malheureux quía connus le pays. Une autre conséquence logique de cet évènement est la déstabilisation de la région nord qui a connu une série de rebellions armées et que, par-dessus, tout reste fragile.

 


© cap
Les éléments tchadiens de la Garde présidentielle centrafricaine sur le départ à Bangui
La présence des troupes tchadiennes en RCA inquiète énormément et pose un problème réel de souveraineté. Ces éléments tchadiens qui sont les chefs díorchestres de la sécurité du chef de líEtat bénéficient díune impunité incompréhensible et dictent leur loi, tant pour ceux qui sont à Bangui dans le cadre de la MICOPAX que dans le cadre de la sécurité personnelle du chef de líEtat. Mais le président de la République semble insensible aux exactions commises par ces éléments tchadiens, le débordement de ces derniers inquiètent plus díun à court, moyen et long terme. Et François Bozizé níentend pas les ménager pour une énième fois. Pour mémoire, les éléments tchadiens sont soupçonnés díêtre impliqués dans les complots politiquement corrects visant à renverser le régime de Bangui. Un groupuscule avait emporté des véhicules militaires avec des équipements militaires lourds vers une destination inconnue. Díaucuns sont soupçonnés díêtre impliqués dans le projet du coup díEtat de Sylvain Ndoutingaï. Selon certaines sources, les éléments tchadiens supplémentaires sont venus en renfort sans le consentement des autorités de Bangui. Líimplication de ceux-ci dans la rébellion díHassan Al-Abib dit «HA» nía pas aussi plu au haut commandement qui prend désormais à bout de pincette les troupes tchadiennes qui síoccupent de la sécurité du président de la République. Mais, de toutes les façons, le mal est fait, pour avoir incorporé des troupes étrangères dans líarmée pendant dix ans. En outre, des relations traditionnelles qui lient la RCA et le Tchad, líaliénation aujourdíhui de notre armée a atteint un niveau au point que les dix ans de François Bozizé à la tête de líEtat constitue une humiliation pour le peuple, car étant une véritable bombe à retardement dans les relations diplomatiques entre la RCA et le Tchad.

Il ne faut pas perdre de vue que la présence des troupes tchadiennes a modifié un peu la culture de paix qui caractérise les Centrafricains. Les deux gendarmes centrafricains froidement abattus par les troupes tchadiennes au Complexe Sportif 20.000 places sont oubliés, un véritable sacrifice sur líautel. Pire encore, líimpunité reste le maître de cette diplomatie dont personne ne maîtrise les tenants et les aboutissants. Et, si les soldats tchadiens trouvent la RCA comme un véritable paradis de líimpunité, aujourdíhui, la fin de cette vie paradisiaque a sonné et les Centrafricains doivent prendre en main la sécurité des institutions de leur pays. Pour plusieurs Centrafricains contactés au sujet de ce retour des troupes tchadiennes, cíest un ouf de soulagement et un bon débarras. Mais la fausse note que déplore la société civile, cíest líimpunité qui a marqué la présence des troupes tchadiennes. Lorsquíon sait que le pays fait face à plusieurs projets de coup díEtat et où díautres présumés coupables attendent encore leur procès pour atteinte à la sureté intérieure de líEtat. Et si ce départ avait pu se faire deux ans seulement après le cout díEtat du 15 mars 2003? Cíest une question díorgueil et de fierté nationale pour tous Centrafricains dignes de ce nom. Bokassa, Empereur ne síest jamais appuyé sur des troupes étrangères pour sa sécurité.

 



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