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Sécurité: Tensions à la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique

Les assaillants auraient attaqué une brigade de gendarmerie au Cameroun «pour se procurer en armes et renforcer leur arsenal de guerre»

 

L’attaque perpétrée dans la nuit de dimanche à lundi aux abords de la ville frontière de Garoua-Boulaï est attribué aux rebelles centrafricains. Ils auraient pris d’assaut un poste de gendarmerie en territoire camerounais. Aux lendemains de cette agression qui a fait trois morts, la situation reste tendue à la frontière entre le Cameroun et la Centrafrique. Les forces de sécurité camerounaises ont indiqué avoir mis la main sur trois assaillants, dont une exploitation rapide aurait permis de connaître l’identité ainsi que les mobiles de cette attaque qui n’est pas la première du genre. Ils ont déclaré qu'ils voulaient libérer deux des leurs interpellés par les éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) et détenus à Bertoua, capitale de la région de l’Est, et qu'ils ont ouvert le feu parce que le chef de poste frontalier leur a refusé le passage. Le gouvernement camerounais a déclaré ce mercredi que le dispositif de sécurité a été renforcé à la frontière, avec notamment, le déploiement d’un contingent du BIR, une unité spéciale de l’armée spécialisée dans la lutte contre le grand banditisme et la piraterie maritime.

 


© journaldebangui.com
Les autorités et forces de l'ordre camerounaises et centrafricaines à la frontière
D’après les sources gouvernementales camerounaises, les assaillants ont attaqué une brigade de gendarmerie au Cameroun «certainement pour se procurer en armes et renforcer leur arsenal de guerre». De sources militaires, 'les premiers éléments de l’enquête que nous avons ouverte indiquent que le commandant du poste de police de Garoua Boulaï a été surpris par des tirs nourris des assaillants à bord d’un camion benne qui a l’habitude de transporter du sable dans la localité', a confié un maréchal de logis, chef de la gendarmerie nationale en service à Garoua Boulaï. Les victimes de cette attaque inédite sont le commandant du poste de police, un jeune civil qui s’occupait à la barrière et un assaillant. 'C’est le chauffeur du camion de sable qui est venu donner l’alerte aux éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR), corps d’élite créé pour lutter contre les coupeurs de route, stationnés à Mombal, non loin de Garoua Boulaï, qui ont aussitôt organisé la battue' selon le maréchal de logis. Plusieurs assaillants auraient déjà été rattrapés dont de nombreux blessés.

Une situation qui a amené les autorités des deux pays, à renforcer les mesures de sécurité pour éviter d’autres attaques au moment même où l’on parle du démantèlement en Centrafrique de la force de maintien de paix de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC). Le Cameroun et la Centrafrique ont annoncé, la tenue dans «les meilleurs délais» d’une réunion de sécurité mixte, question de prendre «les mesures appropriées pour que la paix et la stabilité soient préservées de part et d’autre». La frontière entre le Cameroun, la RCA et le Tchad connaît une insécurité permanente du fait des rebelles tchadiens et centrafricains qui y nourrissent aussi le marché du trafic d’armes de guerre.

 



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