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Rébellion: Une faction revendique des attaques au nord de Bangui

Aucune déclaration ni bilan officiel n'ont été communiqués depuis samedi par les autorités centrafricaines

 

Une faction rebelle de la Convention des patriotes pour la Justice (CPJP), qui a intégré les accords de paix de Libreville, a revendiqué dimanche 16 septembre les attaques menées la veille à Damara et Sibut, au nord de Bangui et menacé de conduire de nouvelles opérations. Les attaques qui ont eu lieu samedi ont été lancées par la "CPJP fondamentale", a déclaré le responsable de cette faction qui a joint l'AFP par téléphone. La CPJP - fondée par Charles Massi plusieurs fois ministre sous les présidents Ange-Felix Patassé et François Bozizé avant de prendre les armes en 2008 et d'être donné pour mort en 2010 - était la dernière grande rébellion active en Centrafrique. Elle a signé le 26 août 2012, l'accord global de paix de Libreville et intégré le processus de paix en Centrafrique, sous la direction de son chef Abdoulaye Hissène.

 


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Les attaques de Sibut et de Damara ont été baptisées, "Opération Charles Massi"
Nous avons décidé de mener cette opération pour prouver aux autorités de Bangui que notre mouvement existe, que nous ne nous reconnaissons pas dans les accords signés par Abdoulaye Hissène et le pouvoir, mais que nous reconnaissons comme dirigeant Nouredine Adam, a affirmé le responsable de la CPJP fondamentale. Nous allons très bientôt nous réorganiser pour attaquer de nouvelles cibles, a-t-il ajouté, précisant que les attaques de samedi avaient été baptisées "opération Charles Massi", en hommage au fondateur de la CPJP. Ce que nous voulons c'est le changement, le départ du président Bozizé, a a-t-il dit. Les attaques ont eu lieu à Sibut, chef-lieu de préfecture à 110 km au nord de Bangui, et à Damara, sous-préfecture à 75 km nord de la capitale. A Damara, l'attaque s'est produite vers 03h00 du matin (02h00 GMT) et "les échanges de tirs (avec l'armée) ont duré plus de quatre heures", selon une source militaire jointe par téléphone à Sibut. Un groupe d'hommes armés a attaqué Sibut" alors que "les tirs se faisaient de plus en plus sporadiques à Damara, selon la même source.

En décembre 2011, trois personnes avaient été tuées lors de l'attaque d'un convoi entre Damara et Sibut. Il s'agissait de la première attaque de ce genre entre les deux villes considérées jusque-là comme épargnées par les actes des coupeurs de route et situées près de Bangui, sur un des axes importants du pays. L'attaque avait alors été attribuée à des hommes de l'ex-chef rebelle tchadien Abdel Kader Baba Laddé, qui avait démenti. Celui-ci s'est rendu le 2 septembre et a promis que ses hommes rentreraient au Tchad dans un délai d'un mois. La Centrafrique est engagée depuis 2008 dans un processus de paix après des années d'instabilité marquées par des rébellions et des coups d'Etat ou tentatives de coups d'Etat qui ont ravagé son tissu économique et social. Elle reste toutefois la proie de nombreuses attaques de bandes armés, de coupeurs de routes ainsi que de rébellions externes comme la rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de Joseph Kony.

 



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