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Insécurité: Baba Laddé hante toujours les centrafricains

Le leader général du FPR est depuis le 6 septembre 2012 de retour dans son Tchad natal

 

Il avait annoncé sa réédition et a demandé à faire la paix. Baba Laddé est, depuis le 6 septembre 2012 de retour dans son Tchad natal. Même en dehors des frontières centrafricaines, le spectre Baba Laddé continue de hanter les Centrafricains. Au rang des sujets âprement discutés par les filles et fils de Centrafrique, l’affaire Baba Laddé. « L’affaire Baba Laddé ressemble à une partie de poker-menteur. Franchement, je ne me retrouve pas dans tout ce qui se fait. Comment peut-on accepter que quelqu’un de la dimension de Baba Laddé qui a du sang centrafricain sur les mains puisse être reçu au Palais de la Renaissance qui incarne la nation centrafricaine en toute impunité? On vit les derniers jours», a déclaré Judes, un étudiant en deuxième année de droit à l’Université de Bangui.

 


© radiondekeluka
Même hors de Centrafrique, on continue de parler de lui
Son de cloche partagée par Emilie, étudiante en troisième année de Lettres modernes. «Au nom de la paix, on peut désormais tuer, violer, voler, piller et faire tout ce qu’on veut. Le cas Baba Laddé en est une parfaite illustration. Ce général autoproclamé qui n’a d’égard pour personne, selon les informations que j’ai lues dans les journaux, a été reçu par le Président de la République sous bonne escorte des forces de défense et de sécurité. Si vous voulez voir mon avis là-dessus, je vous dirais que le règne de l’impunité qui caractérise la RCA est à son maximum». «C’est avec un profond regret que j’ai appris l’extradition de ce général rebelle. Il ne fallait pas l’extrader mais le garder ici pour le juger pour les crimes qu’il a commis sur le territoire centrafricain. Que deviendront les nombreuses victimes de sa rébellion », s’est interrogé pour sa part, Gérard, tenancier d’un débit de boisson dans le 5ème Arrondissement de Bangui.

«Comme dans la boutique d’Ali Baba, il est venu se servir, voler, tuer, piller et il est reparti comme il est venu. Que voulez-vous que je vous dise de plus? Si non vous demandez de constater avec moi qu’il est désormais établi en Centrafrique que tous ceux qui ont le langage des armes bénéficient du respect des plus hautes autorités de la République n’est-ce pas?», mentionne pour sa part Fréjus un diplômé sans emploi au quartier Fouh. D’autres centrafricains pensent pour leur part que la «tragicomédie» a assez duré et il est temps que les gouvernements centrafricain et tchadien puissent prendre leurs responsabilités pour circonscrire ce phénomène d’insécurité endémique qui créent plus de problèmes de développement.

 


© tangotimbi.wordpress.com
Même sur les réseaux sociaux
Estelle est étudiante à la Haute Ecole de Gestion des Entreprises (HEGC) et invite les deux gouvernements à plus de responsabilité: «Au-delà des crimes et autres méfaits attribués à votre général Baba Laddé là, je pense que ce type représente un pion pour les deux gouvernements. Car je n’arrive pas à admettre que les gouvernements centrafricain et tchadien n’arrivent pas à circonscrire les agissements de cette rébellion. C’est de leur responsabilité et ils doivent de ce fait profiter de sa réédition pour mettre fin à ce problème d’insécurité qui bloque le développement de nos deux pays». «Qui vous dit que Baba Laddé est véritablement engagé pour la paix. Il avait déjà été ramené au Tchad mais il est revenu en Centrafrique pour continuer de tuer. Comment a-t-il pu filer entre les mains des autorités tchadiennes? Il faut se poser cette question pour pouvoir conclure que ce général pourrait être la main invisible de certaines personnalités aussi bien du Tchad que du Centrafrique», a fait noter Jérôme qui veut jouer au «Saint Thomas» avant de croire en la réelle réédition de l’ancien chef rebelle tchadien.


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