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Tunisie: Les femmes revendiquent leurs droits

Elles sont sorties dans les rues, par milliers, pour manifester leur courroux face à líarticle 28 de la future constitution

 

Selon líarticle 28 de la prochaine constitution, «líEtat assure la protection des droits de la femme, de ses acquis, sous le principe de complémentarité avec líhomme au sein de la famille et en tant quíassociée de líhomme dans le développement de la patrie». Une disposition de la loi qui courrouce la gente féminine et certaines organisations de protection des droits des femmes. Plus de 10 000 Tunisiennes et Tunisiens se sont réunis lundi 13 août à líoccasion de la fête nationale de la femme sur une des grandes artères de la capitale et dans plusieurs villes du pays, notamment à Sousse, Sfax, Monastir, Jendouba et Béjà. Cette fête qui commémore chaque année la promulgation, le 13 août 1956, du code du statut personnel (CSP) par líancien président Habib Bourguiba, a été surtout líoccasion pour des milliers de tunisiennes de protester contre líarticle 28 de la future constitution, actuellement en cours de rédaction par les élus de líassemblée constituante. A ce stade, le projet de líarticle constitutionnel incriminé vu líambiguïté, les islamistes díEnnahda préfèrent donc líéquivoque «complémentarité» à une égalité de droit inscrite dans le marbre de la future Constitution.

 


© npns.fr
Les tunisiennes veulent garder le principe d'égalité et non de complémentarité
Líarticle 28, celui de la discorde
Ce texte, voté il y a une semaine dans la commission chargée de rédiger les articles relatifs aux droits et libertés de la Constitution, stipule notamment que «líÉtat garantit la protection des droits de la femme, consolide ses acquis, en la considérant comme le véritable partenaire de líhomme dans la construction de la patrie avec qui il y a complémentarité des rôles au sein de la famille». Une traduction biaisée de cet article, rapportée par la députée Selma Mabrouk, membre de la commission suscitée, faisait état díune notion de complémentarité entre líhomme et la femme, ce qui a profondément ébranlé une partie de líopinion publique qui y a vu une intention claire du parti Ennahdha (dont les membres ont voté en majorité pour cet article) de mettre en péril les acquis de la femme tunisienne. Néanmoins, en définissant la femme par rapport à líhomme et au sein díune famille, cet article ouvre la voie à plusieurs interprétations, qui laissent craindre des dérives sur les textes de lois qui peuvent en découler, notamment la non garantie par líEtat des droits de la femme en dehors díune structure familiale. Si líon ajoute à cela les déclarations de líélue díEnnahdha Souad Abderrahim il y a plusieurs mois, concernant le statut des mères célibataires, quíelle avait alors traitées dí«infamie pour la société tunisienne», et la position plus quíambiguë de Rached Ghannouchi au sujet de la polygamie, on peut aisément comprendre la peur díune partie des femmes tunisiennes sur le projet sociétal rétrograde visé par les islamistes au pouvoir.

 



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