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Centrafrique: Affrontements sanglants au consulat de Douala

Voici les réaction de quelques centrafricains à Douala

 

Alannjikin Mathurin, 25 ans: «C’est notre parti qui a saccagé le consulat»
C’est notre parti qui a saccagé le consulat. Nous sommes tous des Centrafricains. Ce qui m’amène à faire ça, c’est parce que le consul n’avait pas le droit de refuser qu’avec l’acte de naissance, on ne puisse pas avoir de carte d’électeur. C’est ce qui m’énerve. J’ai quitté mon pays parce qu’il ne va pas bien. Et je voulais venir me reposer ici. On m’annonce qu’il y aura le vote. Je préfère que le pays change et qu’ensuite je puisse aller y continuer mes études. Le consul de Centrafrique à Douala ne veut pas que d’autres partis fassent le vote et c’est seulement les militants de son parti qui doit participer au vote. C’est pourquoi nous sommes réunis, nous de notre parti. Nous sommes venus pour saccager tout ce qui est ici. Et ils vont suivre là-bas qu’il y a un désordre à Douala. C’est parce que le consul ne veut pas que d’autres partis existent. Les Camerounais veulent aussi me tuer. Les camerounais ont blessé mon supérieur. Je suis sorti pour l’arrêter et on m’a blessé aussi. Les Camerounais sont entrés ici pour nous blesser. Ce sont les civils qui nous ont blessés. Les policiers ne nous ont rien fait. Quand ils ont vu que nous étions en colère, les policiers se sont retirés. Ce sont les civils qui nous ont blessés.

 

Nathanyelle Kasse-Kain, 23 ans: «Ils nous empêchent de voter»
Nous sommes tous des Centrafricains. Nous sommes venus nous faire recenser à l’occasion de l’élection présidentielle de 2011. Nous sommes les Kaba et eux les Baya. Ils nous empêchent de voter. Même si tu as les cartes du consulat, on te chasse, l’acte de naissance, on te chasse, la carte d’identité centrafricaine même, on te chasse. Notre président nous a envoyés que si ça gâte ça gâte, c’est bon, c’est bon. C’est le président indépendant. C’est le président Patassé. Le président des Baya qui nous fait venir ici au Cameroun, c’est le président Bozizé. Il y a nos frères qui souffrent en brousse. Nous on est venus se reposer un peu au Cameroun. Les Camerounais nous ont fait des choses qu’on ne comprend pas. Ce sont eux qui nous ont blessés ici parce qu’on a battu les gens qui travaillaient dans le consulat. Comme on cassait partout, les Camerounais se sont mis en colère et nous ont attaqués. On n’avait jamais eu de problèmes avec les Camerounais. On était plus de 200 personnes. Dès qu’on est arrivés, on voulait se faire recenser. Les autres là-bas ont refusé. C’est là où on s’est énervés. Le Consul et tout le personnel étaient là.

 

Ibrahim Badikala, chauffeur, habitant de la rue King Akwa: «Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien»
Des gars sont venus s’inscrire pour les élections. On leur a exigé la carte consulaire centrafricaine. Il y en a qui n’en possédaient pas. Ils disaient qu’ils n’ont pour seule pièce officielle que leur acte de naissance. Mais les agents du consulat ont continué de leur exiger la carte consulaire en leur rappelant que ce sont des consignes venues du pays. Ils sont allés se réunir et ils sont revenus aujourd’hui. Je ne sais pas ce qu’ils ont décidé. Ils étaient une vingtaine. Le vigile qu’on a tué, c’est mon ami. Il vient souvent chez moi. Il arrivait qu’il vienne se faire coudre des habits chez le tailleur qui est là à côté. Ce que les meurtriers de mon ami ont fait n’est pas bien. Ce n’est pas de cette manière qu’on doit lutter pour son pays ou son parti. Les élections n’ont pas encore commencé. Ils auraient pu attendre d’avoir leur carte afin de voter. S’ils commencent comme ça dès le début, comment sera la suite?


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