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Sibut: Des détenus s’essaient aux techniques de saponification

Dix jours ont permis à l’Association Femme - Action et Développement en Centrafrique, de valider cette activité dans son plan d’action

 

Une cinquantaine de détenus (Hommes et Femmes), ont pris part à cette formation dont les principaux objectifs consistaient en la formation des détenus à la fabrication du savon de ménage en vue de favoriser leur réinsertion professionnelle post carcérale, ainsi que la création d’un atelier de fabrication du savon. Subsidiairement aux objectifs principaux, il s’agit pour la FADEC et son partenaire le PRED (Projet de Renforcement de l’Etat de Droit) d’instaurer la saponification comme activité génératrice de revenus, de responsabiliser les détenus sur la gestion de cette activité, d’autonomiser la gestion technique et financière de la vente du savon sur le marché local aux fins d’une certaine autonomie financière et d’améliorer leurs conditions de vie.

 


© journaldebangui.com
Des détenues apprenant à fabriquer le savon
Pourquoi choisir la Maison d’arrêt de Bimbo?
Selon Madame Yvette Banlog, Présidente de la FADEC, en décidant d’initier les détenus des prisons de Sibut à la fabrication du savon artisanal, son association compte ainsi apprendre aux détenus un métier qui ne nécessite pas une scolarisation particulière. Et le savon, ajoute la Présidente de la FADEC est l’un des produits indispensables au maintien de l’hygiène dans les ménages. Forte de l’expérience acquise à la Maison d’arrêt de Bimbo et de retombées positives sur les conditions de vie des détenues, la FADEC entend ainsi étendre ce programme aux autres prisons de Centrafrique. C’est ainsi qu’a été mis sur pied le programme commun de formation en saponification et de création d’une unité de production de savon artisanal dans les deux prisons situées à Sibut à savoir la Maison d’arrêt pour femmes et à la Maison d’arrêt pour hommes.

 


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Différentes qualités de savon
D’autant plus que généralement, les détenus n’ayant aucune occupation pendant la journée, peuvent mettre ce temps à profit pour apprendre un métier, étant entendu que, la prison doit être un lieu de transition pour une réinsertion sociale et professionnelle, et non un lieu de perdition, a déclaré à la clôture des travaux, Madame Yvette Banlog. Elle en a profité pour inviter solennellement les détenus à mettre en pratique les différentes techniques et connaissances acquises lors de cet atelier, de faire un bon usage des matériels de travail fournis par la FADEC et de rester en contact permanent avec l’Association pour d’autres modules de formation.

 


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Détenus vendant leur savon
Sourire et espoir
Bénéficiaires de cette formation, quelques prisonnières interrogées ont fortement loué cette initiative qui leur a permit d’apprendre au sein même de la prison, un métier. «On pensait qu’à la prison, on n’avait plus d’espoir mais avec la FADEC, nous avions retrouvé le sourire d’avoir appris à fabriquer nous-mêmes du savon, une possibilité que d’autres personnes qui jouissent de la totale liberté n’ont pas», a affirmé une femme détenue après avoir reçu son parchemin. «Je suis certes privé de ma liberté mais j’ai le droit d’apprendre un métier pour continuer d’être utile à mon pays, à ma localité et à tous ceux qui me sont chers. Avec cette initiative de la FADEC, je peux dire que nous avions la chance d’être des prisonniers privilégiés», a mentionné sous couvert de l’anonymat, un autre détenu. Comme quoi, l’espoir est une plante qui, en terre fertile et bien entretenue, apporte l’épanouissement et le sourire.


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