Archive

Centrafrique: Le FMI vole au secours des finances publiques

Le pays recevra de líinstitution, près de 33 milliards de FCFA sur les trois prochaines années, dont cinq directement disponibles, pour renforcer sa stabilité budgétaire

 

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé lundi 25 juin 2012, un accord de trois ans, en faveur de la République Centrafricaine au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) pour un montant total équivalant à 41 775 millions de DTS (environ 63,2 millions de dollars EU) à l'appui du programme économique à moyen terme des autorités. Cette décision du Conseil d'administration permet de décaisser immédiatement un montant équivalant à 6.963 millions de DTS (environ 10,5 millions de dollars EU). Líobjectif díutilisation de ces fonds, tel que présenté par le gouvernement de ce pays, est de consolider la stabilité macroéconomique en rétablissant la discipline budgétaire, en créant un espace budgétaire pour accroître les dépenses consacrées aux programmes sociaux essentiels et aux infrastructures de base, en renforçant les capacités et les institutions, ainsi qu'en accélérant les réformes structurelles de manière à éliminer les obstacles à la croissance. L'appui accordé par le FMI à ce programme tient compte de la fragilité du pays et vise à catalyser des financements des donateurs et à renforcer la coordination, tout en contribuant au redressement et aux efforts de réforme des autorités. «Il convient de féliciter les autorités de la République Centrafricaine de préserver la stabilité macroéconomique dans une conjoncture extérieure très difficile, ainsi que d'être déterminées à rééquilibrer leur budget pour assainir leurs finances publiques», a fait savoir un communiqué du Conseil díadministration du FMI relativement à cet accord.

 


© journaldebangui.com
Le siège de la Beac à Bangui
Pays fragile sortant d'un conflit, mais toujours instable, les dirigeants de la République Centrafricaine font face à d'énormes obstacles de gouvernance, qui exigent l'exécution de réformes structurelles pour créer un espace budgétaire, renforcer les capacités administratives et institutionnelles, et améliorer le climat des affaires afin d'encourager le secteur privé à participer davantage à l'économie. Líaide du FMI arrive à point nommé, car les derniers levés de fonds sur le marché monétaire de la Communauté Economique díAfrique Centrale (CEMAC), se sont soldés par des résultats mitigés. Pour la session du 21 juin 2012, même si on note une petite amélioration, le taux de souscription a difficilement dépassé les 55%, là où une économie comme celle du Cameroun déborde à près de 280%. Autre indicateur díun manque de confiance à líendroit de la RCA par ses pays voisins, le taux de líemprunt très élevé à plus de 5%, alors que le Cameroun réussi à négocier des emprunts avec des taux níexcédant pas les 3%. Malgré ces difficultés notamment politiques, les autorités du pays semblent résolues à avancer et ont le soutien de la communauté internationale.

 


De l'argent frais disponible
Même si aujourdíhui à Bangui, la capitale du pays, les populations ressentent le poids de líinflation, les prévisions économiques du pays annoncent de belles perspectives, avec le début en septembre, díun plan díaide spécial des bailleurs de fonds. Une opération qui peut aboutir, parce que l'analyse de viabilité de la dette indique que le risque de surendettement du pays est modéré. Mais pour cela, le gouvernement doit veiller à la mise en place et líexécution díun programme politique, destiné à renforcer líépargne des nationaux. Dans un pays qui ne possède pas encore la pleine puissance des matières premières, les sources de devises sont très minces et le tourisme ne peut véritablement combler, en raison de líimage de pays instable que renvoi la Centrafrique. Un autre effort doit aussi être celui des populations à líintérieur comme à líextérieur du pays, qui devront laisser derrière elles les conflits et se mettre résolument au travail pour espérer voir leur pays prendre le chemin du développement.


Commentaire


Retour en haut