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Coup de gueule: Y’en a marre de Franck Saragba

«Y’en a marre de la soumission, de la compromission et de la Connivence de nos hommes politiques»

 

«Lorsque la soumission aux diktats de Deby devient une seconde nature pour nos gouvernants, la compromission, une habitude sinon la règle et la connivence, une manśuvre politicienne, alors la République est en péril» Il a suffit d’une visite surprise le samedi 5 mai dernier du «suzerain» de Centrafrique Idriss Déby et du «vice-suzerain» Pierre Buyoya à Bangui pour que tous ceux «qui comptent» comme on dit en langage familier se soient déplacés dare-dare à l’aéroport international de Bangui M’poko pour rendre à ces derniers les honneurs. Si cette visite a permis d’une part pour la énième fois de confirmer la soumission totale du régime de Bangui aux diktats du président Idriss Déby, elle a également affiché l’incohérence de l’opposition démocratique réunie au sein du FARE 2011 dont une délégation, après avoir été reçu par le pas du tout démocrate Deby, flanqué du très discutable Buyoya pour leur signifier un dialogue «inter-Centrafricain».

 


© Centrafrique-Presse
Franck Saragba
On a du mal à comprendre que le seul motif invoqué qui est d’une évidente banalité, tant, nos compatriotes l’avaient déjà proposé en vain au régime aphone en place a motivé la visite de Déby. Suite à cela, le FARE a cru bon de manifester son satisfecit au travers d’un communiqué laconique. L’automaticité de la soumission du régime de Bangui à celui de N’Djamena est aujourd’hui incontestable et vexatoire pour nombres de nos concitoyens si peu que l’on aime son pays, celle de l’opposition démocratique se révèle désormais être indiscutable. On y perd tout son sens critique face à autant d’allégeance. Les gouvernants et l’opposition démocratique centrafricaine font tellement preuve de servilité et d’adulation à Déby que l’on ne sait plus quoi penser.

En 2008 lors du dialogue politique inclusif, le régime en place à Bangui, l’opposition démocratique et les groupes armées ont confisqué au détriment de la société civile au motif qu’ils étaient représentatifs ce grand rendez-vous qui aurait pu être celui de la réconciliation nationale pour en faire le théâtre des basses manśuvres et de division. Les uns par mauvaise foi, les autres par cupidité ou par égoïsme. Nous voici au même point toujours avec les mêmes acteurs qui n’ont rien changé, ni dans leur pratique, ni dans leur fonctionnement par conséquent ils doivent revoir leur copie pour que chaque parti politique puisse jouer définitivement sa partition afin d’enlever toute ambigüité.

Si F. Bozizé, le «mal élu» continue toujours à gouverner, ce, presque 15 mois après les résultats contestés, le FARE ne devrait t-il pas enfin reconnaitre les limites de ses actions? La communauté internationale, consentira t- elle à annuler ces résultats et à refaire les élections? Les partis politiques qui composent le FARE ne doivent t-ils pas prendre leur indépendance pour mieux se consacrer à leur rôle et mission afin de préparer une véritable alternative? C’est une question de lisibilité. Les Centrafricains ne veulent plus d’approximation car ils veulent désormais des positions claires et tranchées de leurs hommes politiques

 


© journaldutchad.com
La communauté tchadienne de RCA lors de la visite du président Déby en RCA le 5 mai 2012
Lorsque se soumettre devient une seconde nature pour nos gouvernants au point que la vie de notre pays si l’on peut s’exprimer ainsi a été suspendue à cette visite impromptue qui aura nécessité et mobiliser pas moins que la présence du président de la République en personne, celle du président de l’assemblée nationale, les membres du gouvernement, des honorables députés de la nation et un dispositif de sécurité renforcé par des éléments Tchadiens dit-on. L’inverse est-elle vraie lorsque Bozizé se rend-il au Tchad? Si l’hospitalité légendaire des Centrafricains a encore un sens, il a dépassé cette fois-ci toute logique, toute rationalité quelques soient les raisons invoquées au point d’oublier le mot «Dignité» qui est gravée sur le fronton de la république. A peine une semaine après leur dernière rencontre, pourquoi une visite surprise à Bangui? Une visite inopinée au mépris de toutes les règles de la diplomatie qui a contraint le général Bozizé a écourté son séjour au Cameroun.

Au-delà du folklore habituel, on retiendra le caractère infantile, incohérent de nos gouvernants mais également des partis politiques regroupés au sein du FARE 2011. Comme s’il n’y avait personne en cette terre de Centrafrique et dans le parti KNK pour faire entendre raison au général Bozizé. Comme s’il n’y avait personne au sein du FARE pour rappeler ses objectifs premiers qui est celle d’annuler et seulement d’annuler les résultats de la dernière élection présidentielle. Toute autre posture du FARE serait de la soumission, de la compromission, de la connivence. Si le régime en place et le FARE ont le droit de se soumettre corps et âme aux diktats de Déby pour des raisons inavouées, ils n’ont pas le droit de réduire nos concitoyens au rang de sous-hommes en les obligeants à se soumettre également aux diktats de ce despote d’un temps révolu.


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