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Centrafrique: Deux numéros d’urgence au ministère du commerce

Tout Centrafricain qui constatera qu’un commerçant ne respecte pas les tarifs fixés peut appeler ces numéros et il y aura une intervention du ministère

 

Le ministère du commerce et de l’industrie vient de mettre au service du public centrafricain deux numéros à appeler en cas d’urgence. Il s’agit des numéros 70 94 14 14 et 70 94 15 15. Cette décision intervient suite l’entêtement de certains commerçants qui n’entendent pas se soumettre à la décision du ministère de geler de prix de certains produits de première nécessité. Ainsi, tout Centrafricain qui constatera qu’un commerçant ne respecte pas les tarifs fixés par le ministère, peut appeler ces numéros et dans les minutes qui suivent, il y aura une intervention du ministère. Déjà, un malaise s’est installé dans le secteur du commerce centrafricain suite à la publication le 11 avril dernier de l’arrêté portant gel des prix de certains produits de première nécessité. Un acte qui a suscité une vive réaction et un mécontentement des commerçants.

 


© journaldebangui.com
Les prix ne bougent pas sur les marchés
Les différents détaillants dans les quartiers sont formels: il n’est pas question de se conformer aux prescriptions de cet arrêté contesté tant que les grands importateurs et certaines usines locales n’auront pas réduit leurs prix, ceci en dépit des deux numéros d’urgence du ministère. Les produits concernés sont en effet achetés en incluant des taxes fiscales et se résoudre à adopter les prix imposés par cet arrêté ministériel suivi par les fiches distribuées par les cadres de ce département équivaudrait à vendre à perte et donc à déclarer faillite dans un proche avenir. C’est pourquoi les importateurs qui sont pour la plupart d’origines libanaises, ainsi que les producteurs locaux (HUSACA, SAVEX, SUCAF) pour qu’ils ne soient pas pénalisés par cette mesure de nature à engendrer des milliards de pertes, une négociation est en cours avec le Ministère. Les producteurs locaux de savon par exemple importent une grande quantité d’huile de palme, principale matière première pour la fabrication de ce produit de première nécessité. Cette huile est importée de la République Démocratique du Congo et le fût de 200 litres coûte excessivement cher du fait des tracasseries douanières à la frontière entre les deux pays.

 


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Les prix ne bougent pas sur les marché
Il y a le cas de la SUCAF dont la production ne couvre pas les besoins de la consommation locale. En plus du sucre produit à Ngakobo où est localisée cette usine, il faut encore importer une partie, avec le transport, des taxes douanières et fiscales souvent élevées. Dans ce cas, comment interpréter cet arrêté applicable uniquement à Bangui, Bimbo et Bégoua? Pour les opérateurs économiques, il conviendrait que Mme Marlyn Mouliom Roosalem, la ministre du Commerce organise une table ronde avec les consommateurs, les détaillants, les grossistes, les importateurs et les producteurs locaux en vue de trouver une issue à cette crise. Certains souhaitent même qu’un délai de trois ou cinq mois soit accordé pour leur permettre d’évacuer leurs stocks. L’arrêté ne pourra être respecté scrupuleusement qu’à partir des nouvelles commandes tant à l’extérieur qu’auprès des importateurs. Par ailleurs, les taxes douanières et fiscales devraient être réduites. En attendant, on constate sur marché la rareté du poisson de mer et du sel. Selon certaines informations, les commerçants entendent sceller leurs stocks pour les vendre éventuellement dans l’arrière pays, dans des zones qui ne sont pas touchées.


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