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Côte d’Ivoire: Guillaume Soro recule pour mieux sauter

Le premier ministre ivoirien a présenté la démission de son équipe au président Ouattara, mais il ne quitte pas la scène politique de ce pays

 

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a présenté le 8 mars sa démission et celle de l'ensemble de son gouvernement. Son successeur sera connu dans les prochains jours. Guillaume Soro vient de passer cinq années à la primature où il a servi l’ancien président Laurent Gbagbo puis jusqu’à récemment, Alassane Ouattara. Il s’est d’ailleurs dit disponible pour «toute autre mission» que celui-ci voudra bien lui confier. Il s’est, aussi réjoui de son bilan qu’il a jugé positif, au regard des affirmations «des citoyens avertis» et a remercié, «sans exclusion», tous ses collaborateurs, exprimant une gratitude toute particulière au président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), Henri Konan Bédié, pour ses conseils avisés et au président burkinabé, Blaise Compaoré, grâce à qui l’Accord politique de Ouagadougou (APO) a permis la tenue d’élections transparentes et démocratiques et l’avènement d’un président, dont la «légitimité est incontestable», a pu voir le jour. Un accord passé entre le parti de Ouattara et celui de Konan Bedié au plus fort de l’opération victoire contre Gbagbo encadre la nomination d’un premier ministre. Guillaume Soro devrait donc recevoir comme lot de consolation de première qualité, le poste de président de l’Assemblée nationale lundi prochain sauf retournement politique exceptionnel. Pour s’y faire, Ouattara a mis les petits plats dans les grands. Il a mis entre parenthèse la Constitution et a réactivé les accords politiques signés à Pretoria en Afrique du sud. Désormais, selon la décision du chef de l'Etat, il ne faudrait plus avoir 40 ans au moins pour accéder à ce poste, il suffit d'être désigné par un parti signataire de l'accord de Marcoussis. Là aussi Outtara a fait fort, en faisant accepter Guillaume Soro au sein du RDR, (Rassemblement des républicains), qu'il a rejoint avant les législatives.

 


© PCI
Ouattara et soro lors du dernier conseil des ministres
De nombreux analystes de la politique ivoirienne estiment que d’une manière ou d’une autre Ouattara s’est débarrassé d’un collaborateur gênant, qui avait un certain contrôle sur une partie des forces de l’ordre. Des hommes de Guillaume Soro ont souvent été cités dans le cadre de violentes exactions sur des populations civiles. Jeune et plein d’ambition, il ne fait pas de doute pour les experts, Guillaume Soro trouvera à l’Assemblé nationale un bon repli pour sa stratégie de conquête du pouvoir. Tous les regards sont aujourd’hui tournés vers qui devra lui succéder. Ironie de l’histoire, le président Outtara qui a été Premier ministre de Bedié, pourrait designer aujourd’hui un Premier ministre proche de ce dernier. Les pronostics penchent majoritairement pour Jeannot Ahoussou Kouadio. Plusieurs raisons plaident en sa faveur. Sur le plan ethnique, il est Baoulé, une communauté qui a apporté un gros soutien à Alassane outtara, lors des récentes élections. En plus il a le meilleur profil des accords sur le poste de Premier ministre, parce que c'est un intime d'Henri Konan Bédié dont il a été l'avocat mais aussi le directeur de campagne lors du premier tour de la dernière élection présidentielle. Enfin, Jeannot Ahoussou connaît également très bien l’actuel président Ivoirien. Il a dirigé sa campagne lors du second tour de la présidentielle et faisait partie de son équipe resserrée lors de la crise qui a suivi.

 



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