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Guinée Conakry: Allez, encore un petit report!

Le Malien Siaka Toumani Sangaré aura-t-il suffisamment de temps pour organiser une belle élection

 

Après avoir cherché en vain parmi les Guinéens un président consensuel à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le général Sékouba Konaté a fini par nommer par autorité un Malien qui répond au nom de Siaka Toumani Sangaré. Coïncidence, il est général comme celui qui dirige ce pays depuis que les caprices du sort ont éloigné Dadis Camara du pouvoir. Les choses, comme on le sait, se sont accélérées à Conakry et personne ne croyait, au départ, que ce pays allait prendre une autre voie: la démocratie dont rêvait le peuple guinéen depuis longtemps. Après les accords de Ouagadougou le 15 janvier 2010, le premier tour de líélection présidentiel avait eu lieu le 27 juin. Deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, ont réussi avec succès à se détacher. Et les deux finalistes devaient, après le 17 septembre 2010, voir qui succéderait à Sékouba. Mais, avant cette date, les palabres ont commencé sur le fichier électoral pour aboutir à la CENI, où les dissensions sont apparues au grand jour. Le général Konaté, qui est fatigué de leurs jérémiades alors quíil est pressé díaller faire autre chose, a décidé, en bon militaire, de mettre de líordre dans la maison. Et il nía pas trouvé mieux que de sortir de son béret un homme qui níest pas du même pays que lui : Siaka Toumani Sangaré.

 


© AFP
le général Sékouba Konaté, président par interim
Le décret de sa nomination date du 19 octobre dernier et, dans les deux camps de ceux qui veulent exercer le pouvoir, on a accepté ce que le président de la transition a décidé de son propre chef. Díailleurs, il ne pouvait pas en être autrement, car sait-on jamais ! Toumani est bien connu de la classe politique guinéenne et on se demandait quel argument on brandirait pour contester la décision du général. Délégué général aux élections dans son pays au Mali, Toumani est expert électoral au compte de líOrganisation internationale de la Francophonie (OIF) en Guinée depuis une dizaine díannées. A ce quíon dit, il síy connaît en la matière et cíest une carte qui inspire le respect. Mais force est de reconnaître que sa nomination est à la fois désespérante et humiliante pour la société civile guinéenne. En tout cas, on est enclin à penser quíen Guinée personne ne peut diriger une CENI et que même après cette élection, on ne fera jamais confiance à personne.

Depuis le 19 octobre, Cellou Dalein et Alpha Condé ont certainement retrouvé le sommeil puisque Toumani présente des gages de neutralité. Maintenant que líoiseau rare est trouvé, on peut dire que líélection sera une réalité. Le temps presse et cíest en principe le dimanche 24 octobre que les électeurs iront aux urnes pour départager les deux finalistes. Mais cette date tiendra-elle? Le Malien, qui a été à peine nommé à la CENI, aura-il suffisamment de temps pour organiser cette élection présidentielle? La bonne logique serait de reporter ce scrutin pour deux semaines afin de préparer les esprits et pour quíon sente sur le terrain que les choses sont véritablement en marche. Cíest même possible et au moment où nous tracions ces lignes, nous ne savions pas si líélection aurait lieu. Tout dépend du général Sékouba, et un report de 2 semaines lui permettrait díailleurs de faire son paquetage. Changer de milieu lui ferait du bienÖ

 



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