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Sénégal: Le Conseil constitutionnel publie la liste des candidats pour les présidentielles

L'opposition a décidé de défier líinterdiction de manifester en appelant à un rassemblement au moment où la liste des candidats retenus sera donnée

 

Une journée particulière s'annonce au Sénégal où l'opposition a décidé de défier ce vendredi 27 janvier une interdiction de manifester en appelant à un rassemblement au moment où le Conseil constitutionnel doit publier la liste des candidats retenus pour l'élection présidentielle du 26 février. Des déclarations du chef de l'Etat affirmant qu'il peut légalement se présenter non seulement en 2012, mais également en 2019, risquent aussi d'exacerber les tensions. Depuis des mois, la nouvelle candidature du président, au pouvoir depuis douze ans, cristallise toutes les oppositions, non seulement de ses adversaires politiques traditionnels, mais aussi de mouvements de la société civile. Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une réforme constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle réforme constitutionnelle. Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le décompte doit se faire à partir de la première réforme constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

 


© leral.net
Le Conseil constitutionnel va déclarer recevable la candidature d'Abdoulaye Wade
Les réactions ne se sont pas faites attendre. L'ONU a appelé à un scrutin apaisé et les Etats-Unis ont jugé regrettable que M. Wade se représente au lieu de prendre sa retraite. Parmi les principaux candidats, figurent trois ex-Premiers ministres de M. Wade devenus opposants: Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi qu'Ousmane Tanor Dieng, leader du Parti socialiste (PS). Egalement en lice, la star de la chanson et homme d'affaires Youssou Ndour, lui aussi opposé à la nouvelle candidature d'Abdoulaye Wade. La Constitution nous autorise à manifester et ne peut pas être abrogée par un arrêté ministériel, celui du ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom qui interdit les manifestations, a déclaré Alioune Tine, porte-parole du M23 qui entend par ailleurs attaquer cet arrêté devant la Cour suprême. La France a estimé que la liberté d'expression et de manifestation doit être partout garantie et que la volonté du peuple sénégalais doit être respectée. Selon Amnesty International, il n'y a pas de justification apparente à cette interdiction qui porte atteinte au droit de manifester pacifiquement. Il s'agit d'une décision des plus inquiétantes, affirme l'organisation, ajoutant que le potentiel de déstabilisation est immense. C'est dans ce climat d'anxiété que l'Union européenne (UE) a lancé jeudi dernier sa mission d'observation du scrutin, composée de 90 membres, la première de cette importance au Sénégal, pays jusqu'alors considéré comme un modèle de démocratie en Afrique.

 



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