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Nigeria: Après le Nord, le Sud est en proie aux violences

Après la tristesse qui a suivi les attentats contre des églises à Noël dans le Nord, la colère des Nigérians grimpe avec la hausse des prix du carburant à la pompe

 

Alors que les attentats contre des églises le jour de Noël, revendiqués par la secte Boko Haram, et qui ont fait une cinquantaine de morts sont encore douloureux, c'est maintenant la colère des Nigérians qui monte avec la hausse des prix du carburant à la pompe. Elle est suivie de la fin immédiate d'une subvention destinée à maintenir les prix à la pompe autour de 65 nairas par litre décidée par le gouvernement le 31 décembre 2011. Pendant ce temps, de nombreuses stations vendaient déjà l'essence à 140 nairas le litre, plus du double, le lundi 2 janvier. Nous allons travailler avec d'autres groupes pour paralyser totalement le gouvernement et rendre le pays ingouvernable, a promis le Congrès des syndicats nigérians, qui menace d'appeler à une grève générale dans les prochains jours. Par ailleurs, au moins 50 personnes ont perdu la vie dans l'État d'Ebonyi, dans le sud-est, selon le porte-parole du gouverneur local. Tandis que le président nigérian Goodluck Jonathan a proclamé samedi 30 décembre 2011 l'état d'urgence dans le nord du pays, les conflits territoriaux entre les ethnies Ezza et Ezilo seraient responsables de ces nouveaux affrontements, a précisé la même source, ajoutant qu'ils n'ont rien à voir avec les violences entre musulmans et chrétiens dans le nord-est du pays. Les violences liées à des conflits fonciers seraient fréquentes au Nigeria, particulièrement entre éleveurs et cultivateurs.

 


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S'achemine-t-on vers une guerre de religions?
Quant aux attaques perpétrés par Boko Haram, le président a montré sa détermination combattre cette secte islamiste. Dans un discours télévisé samedi 30 décembre 2011, Jonathan Goodluck a annoncé la fermeture de certains tronçons de la frontière avec le Niger, le Tchad et le Cameroun. Le président, critiqué pour la lenteur de sa réaction, a ajouté qu'il avait donné l'ordre à l'état-major de prendre toutes les mesures appropriées, y compris la mise sur pied d'une force de lutte contre les terroristes, qu'il s'est engagé à écraser. La crise a pris une dimension terroriste, a déclaré le chef de l'État. Je demande par conséquent aux dirigeants politiques des États du Nord de coopérer au maximum pour faire en sorte que l'on contrôle la situation.

 

C'est maintenant la peur d'une guerre de religions au Nigeria qui s'accentue après l'ultimatum de trois jours aux chrétiens pour quitter le nord du pays, lancé par Boko Haram par l'intermédiaire d'Abou Qaeqa, un de ses porte-parole, qui a également affirmé qu'ils étaient prêts à affronter l'armée. La secte répond ainsi au président Goodluck Jonathan qui, dans son discours, a juré d'écraser Boko Haram après avoir décrété l'état d'urgence dans les zones touchées par les violences. De son côté, l'association des chrétiens du Nigeria (CAN) a promis de répondre de manière appropriée en cas de nouvelle attaque; mais la CAN n'a pas souhaité s'expliquer davantage au sujet du mode de «réponse» en question. Boko Haram níayant pas de signes distinctifs, il y a le risque, en voulant répliquer aux attaques de la secte, de frapper des symboles ou des adeptes de la religion musulmane dont certains ne partageraient pas la vision des illuminés de Boko Haram. Ces derniers vont certainement à leur tour y répondre et on risquerait d'assister à une escalade des violences religieuses dans le pays, pire à une guerre de religions.


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