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Côte d’Ivoire: Laurent Gbagbo incarcéré à la Haye

L'ex-président ivoirien, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale, est arrivé ce mercredi matin 30 novembre 2011 en Hollande

 

Laurent Gbagbo est le premier ex-chef d'Etat à être remis à la Cour, premier tribunal pénal international permanent chargé de poursuivre les auteurs de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre. On lui reproche d’être à l’origine de la crise ivoirienne post électorale, née du refus de Laurent Gbagbo, 66 ans, de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. La crise ivoirienne a entrainé deux semaines de guerre civile et ait près de 3 000 morts, selon l'ONU. Ce mardi 29 novembre 2011, en tout début d’après-midi, le procureur de la République de Côte d’Ivoire a signifié à Laurent Gbagbo le mandat d’arrêt émis, sous-scellés, par la CPI. Deux de ses avocats étaient présents à Korhogo, dans le nord du pays, au moment où Laurent Gbagbo a été incarcéré suite à son arrestation le 11 avril 2011. Le scrutin avait entraîné des violences entre les forces loyales au candidat sortant Laurent Gbagbo et les fidèles d’Alassane Ouattara, dont la victoire avait été avalisée par la communauté internationale.

 

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Le procureur de la Cour, Luis Moreno Ocampo, est allé très vite en besogne. Le 3 octobre, il avait été autorisé par les juges à ouvrir une enquête sur les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis le 28 novembre 2010, second tour de l’élection présidentielle. La Côte d’Ivoire n’a pas ratifié le traité de la Cour, mais elle en a accepté la compétence à deux reprises. L’ex-président Laurent Gbagbo lui avait en effet demandé en 2003 d’enquêter sur les crimes commis depuis le 19 septembre 2002, date d’une tentative de coup d’Etat qui s’était soldée par la partition du pays en deux. En mai dernier, le nouveau président, Alassane Ouattara, avait confirmé cette compétence, demandant à la Cour d’engager des poursuites pour les crimes commis depuis 2010. A plusieurs reprises, le procureur a indiqué qu’il se pencherait aussi sur les crimes commis par les partisans d’Alassane Ouattara, dont les Forces nouvelles de l'actuel Premier ministre Guillaume Soro. Pour la CPI, le transfert de Laurent Gbagbo constitue une grande première car c'est le premier chef d'Etat à être remis à la CPI: Justice sera faite pour les victimes ivoiriennes de crimes commis à grande échelle: M. Gbagbo est le premier à devoir rendre compte de ses actes. Il ne sera pas le dernier a déclaré le président de la CPI Luis Moreno Ocampo.


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