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Egypte: Le premier jour díélection síest déroulé sans violence

Les autorités ont décidé hier lundi de retarder de deux heures la fermeture des bureaux de vote, en raison de l'affluence

 

Les Egyptiens se sont rendus massivement aux premières élections libres de l'ère post-Moubarak hier lundi 28 novembre. Les bureaux de vote ont rouvert ce mardi 29 novembre pour la seconde journée de vote du premier tour des législatives, au lendemain d'une participation inédite et sans violences malgré la crise dans le pays. Le vote a débuté vers 08H00 heure locale et doit en principe se terminer à 19H00. La presse égyptienne a salué avec enthousiasme l'affluence sans précédent pour ces premières élections depuis la chute le 11 février du président Hosni Moubarak sous la pression d'une révolte populaire. Les observateurs indépendants américains présents ont témoigné des premières impressions positives, a rapporté un porte-parole du département d'État. Ce qu'ils ont vu jusqu'à présent est assez positif (...) la forte participation et l'absence de violence indiquent le succès de cette première journée, a déclaré Mark Toner.

 


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Les femmes ont aussi le droit de se présenter
Ce scrutin est aussi l'heure de vérité pour les Frères musulmans, donnés depuis des mois grands favoris. Sûrs de leur force dans les régions pauvres et rurales, où ils ne craignent que la concurrence des Salafistes et des notables jusqu'alors affiliés au Parti national démocratique (PND) de Hosni Moubarak, les ikhwan «frères» sont également omniprésents dans les quartiers plus huppés. C'est la première fois qu'on peut faire campagne sans harcèlement des services de sécurité, mais on doit rester vigilants car il peut y avoir des fraudes, explique un observateur du parti Liberté et Justice (PLJ), branche politique de la confrérie, en orientant, grâce à des listes informatisées, les électeurs vers les bureaux de vote appropriés. Dans le camp libéral, ce sont justement les manúuvres des islamistes et des ex-PND qui suscitent inquiétude et nervosité. Sur la cinquantaine de formations en lice, au moins huit ont été créées par des felouls, les «résidus» du PND, que le CSFA, refusant de suivre l'exemple tunisien, a autorisés à participer aux élections. Dès l'ouverture des bureaux de vote, les accusations fusent. Les Frères musulmans distribuent des tracts aux électeurs; la police et l'armée les laissent faire en disant que c'est légal, s'indigne Karim Sabry, un militant du parti libéral «Les Égyptiens libres», devant un bureau de vote de Zamalek.

Le vote de lundi et mardi concerne le tiers des gouvernorats du pays, dont la capitale Le Caire et la deuxième ville d'Egypte, Alexandrie. Le scrutin s'étalera dans les autres régions jusqu'au 11 janvier pour l'Assemblée du peuple (députés) et jusqu'au 11 mars pour la Choura (chambre haute consultative). Cíest donc un marathon électoral qui va durer quatre mois. Cette élection législative est une étape clé de la transition politique de líEgypte vers un régime démocratique. Mais les affrontements entre manifestants et forces de líordre, qui ont fait plus de 40 morts et près de 3 000 blessés la semaine dernière, et la mobilisation, qui continue place Tahrir, pour exiger du Conseil suprême des forces armées (CSFA) un transfert du pouvoir aux civils, jettent un voile díombre sur une élection critiquée díavance. Et ils viennent compliquer davantage une situation déjà chaotique.

 



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