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RDC: Une campagne sur fond de tension

La polémique et la suspension d’une chaine de télévision de l’opposition ont suivi les propos du candidat Etienne Tshisekedi, à l’élection présidentielle du 28 novembre

 

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (Csac) a ordonné ce mardi 08 novembre, sept jours de suspension de la chaîne de télévision RLTV qui a interviewé le leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Vous savez que la majorité de ce pays est avec nous. Vous pouvez me considérer comme le président de la République a-t-il déclaré. Les propos qui ont provoqué la suspension de la chaine de télévision sont clairs. Le Csac a aussitôt rendu publiques ses sanctions par la voix de son rapporteur Chantal Kanyimbo. L’organe affirme qu’Etienne Tshisekedi s’est rendu coupable d’une violation de la loi: Le candidat précité s'est auto proclamé chef de l'État en violation de la constitution démocratique du Congo. Une semaine de suspension. C’est la sentence dont a écopé la RLTV, accusée d’avoir relayé dimanche 6 novembre 2011, des propos de l’opposant congolais Étienne Tshisekedi. Ce soir là, le candidat à l’élection présidentielle, joint par téléphone en Afrique du Sud où il séjourne actuellement, avait tenu des propos d'incitation à la violence, aux troubles, des menaces à l'égard de l'autorité établie et des appels à l'insurrection, a estimé le CSAC ce mardi 8 novembre. En ligne de mire, l’ultimatum lancé par l’opposant au gouvernement, qui avait, selon lui 48 heures pour libérer ses partisans, détenus suite à des manifestations. Sinon j'appelle les combattants partout dans le pays à aller dans les prisons, à casser les portes des prisons et à libérer ces combattants avait menacé Étienne Tshisekedi.

 


© radiondekeluka
La campagne congolaise est largement ouverte
Pour le directeur de cabinet et porte-parole d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka estime cette interprétation est exagérée: Ce n'est en aucun cas une auto-proclamation. Tout candidat, surtout présidentiel, s'adresse à sa base et dit nous sommes les meilleurs. Je serai président. Je crois que l'on voit même en RDC certains panneaux qui proclament 100%. Cette polémique illustre le climat tendu de la campagne électorale. L’un des candidats, l’actuel président du sénat Kengo Wa Dondo invite la classe politique à plus de prudence: Il faudrait que nous évitions les débordements de l'éloquence. J'invite les candidats à la présidentielle à peser tous les mots qu'ils prononcent pour que ces élections se déroulent dans la paix, la sécurité et la transparence. Pour l'envoyé spécial de l’ONU Roger Meece, la menace qui pèse sur ces élections est moins dans l'organisation que dans le climat de violence qui règne ces derniers jours. En raison, d'abord des propos jugés incendiaires de l'opposant Etienne Tshisekedi mais aussi et surtout parce que des groupes armés refont surface dans l'Est du pays.

 



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